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Zone Euro

Vers un pacte de stabilité limité à certains pays ?
2011-11-26 Le Monde

Selon des informations à paraître dimanche 27 novembre dans le journal allemand Welt am Sonntag, la chancelière allemande Angela Merkel et le président français Nicolas Sarkozy envisagent la mise en œuvre d'un nouveau pacte de stabilité qui serait limité à quelques pays de la zone euro.

D'après le journal qui s'appuie sur des sources gouvernementales, les deux dirigeants veulent mettre en oeuvre rapidement un nouveau pacte exclusif entre la France, l'Allemagne et certains pays, sur le modèle de l'accord de Schengen sur la circulation des personnes qui comprend actuellement 10 des 27 de l'UE. Paris et Berlin feront des propositions en ce sens au cours de la semaine, avant le sommet européen du 9 décembre et souhaitent que Rome s'y associe, selon ces sources. Le pacte de stabilité actuel engage les 17 pays de la zone euros à limiter les déficits budgétaires à 3% du PIB, et l'endettement à 60 % du PIB. Une porte-parole du gouvernement allemand a confirmé samedi à l'AFP l'existence de discussions en ce sens notamment avec la France pour un renforcement de l'Union économique et monétaire à propos d'un changement limité des traités existants. Le président du Conseil européen, le Belge Herman Van Rompuy a été officiellement chargé de faire ce type de propositions.

LA FORCE DE FRAPPE DU FESF EN QUESTION

Berlin, Paris et Rome sont parvenus jeudi à Strasbourg à un compromis a minima pour renforcer la discipline budgétaire de la zone euro, mais Nicolas Sarkozy n'a pas fait plier l'Allemagne sur un point important à ses yeux : le rôle de la BCE face à la crise.

Or l'absence de solution radicale aggrave chaque jour un peu plus la crise dans l'eurozone. Selon l'hebdomadaire allemand Der Spiegel, à paraître lundi, l'effet levier envisagé pour multiplier les moyens du Fonds de secours de la zone euro (FESF) sera plus faible que prévu, le chef du Fonds Klaus Regling s'attendant au mieux à obtenir le triplement des moyens restants.

Selon le journal qui ne cite pas de source, l'effet levier prévoyait à l'origine un quadruplement, voire un quintuplement des fonds pour lever 1 000 milliards d'euros. En cause : le renoncement de certains contributeurs, notamment asiatiques, qui demandent à participer, ceux-ci reprochant au Fonds de manquer de moyens propres, explique le Spiegel. Le Fonds européen de stabilité financière, créé par la zone euro au printemps 2010, est doté de garanties des Etats membres qui lui permettent de prêter jusqu'à 440 milliards d'euros aux pays fragiles.