Gestion des riqques et catastrophe

Dialogue de haut niveau sur la gestion des risques et des catastrophes Djibouti défend une approche proactive
2012-10-11 La Nation n°199

M%3d&expires=1516765162

A la tête d’une délégation nationale, le ministre de l’Economie et des Finances, M. Ilyas Moussa Dawaleh, a pris part hier au dialogue de haut niveau sur la gestion des risques et des catastrophes à Sendai dans le cadre des assemblées annuelles du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale qui se tiennent jusqu'au dimanche 14 octobre prochain à Tokyo au Japon. Les discussions entre les intervenants ont fait ressortir la nécessaire émergence d'un consensus de la communauté internationale autour de l’intégration de la gestion des risques dans les politiques de développement international.

Le défi immédiat consiste en le soutien des actions au niveau national et local pour mieux réduire les risques et protéger les populations vulnérables.

En marge des assemblées annuelles de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI) à Tokyo, le ministre de l'Economie et des Finances, Ilyas Moussa Dawaleh, figurait hier parmi les visiteurs qui se sont rendus sur le site de Sendai, fortement touché par le tsunami du 11 mars 2011.

Le déplacement s’inscrit dans le cadre du dialogue de haut niveau sur la gestion des risques et des catastrophes dans un monde en profonde mutation et de plus en plus confronté à des chocs exogènes.

Les intervenants de ce débat étaient, outre le ministre Ilyas Moussa Dawaleh, la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, le ministre des Finances du Japon, Koriki Jojima, La commissaire de l'Union Européenne pour la coopération Internationale en charge de la gestion de l'aide Humanitaire et de la réponse aux crises, Kristalina Georgiveva, le président de la Banque asiatique de développement, Haruhiko Kuroda, et le président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim.

Les discussions ont fait ressortir la nécessaire émergence d'un consensus de la communauté internationale autour de l’intégration de la gestion des risques dans les politiques de développement international.

Le défi immédiat consiste en le soutien des actions au niveau national et local pour mieux réduire les risques et protéger les populations vulnérables.

Il a également été question de la nécessité de mettre en œuvre des stratégies de résilience et une réflexion à long terme au delà des mécanismes de réactions aux chocs exogène et des solutions ad-hoc.

Les participants de ce dialogue de haut niveau ont convenu que les dirigeants et les décideurs devaient systématiquement intégrer et de manière permanente la gestion des risques et des catastrophes dans leurs stratégies de développement.

Dans cette optique, les décideurs doivent tirer des leçons des expériences du passé et par conséquent adopter une approche proactive.

Autrement dit, la communauté internationale se doit d'échanger et de se coordonner son action en se basant sur les enseignements passés des différents pays ayant connu des désastres et des pays ayant mis en œuvre des actions et stratégies préventives.

…Des politiques de résilience.

Le souci le mieux partagé à Sendai tient en la mise en application des politiques de résilience et la sensibilisation des partenaires sur les stratégies préventives comme l’a relevé Mme Kristalina Georgiveva.

La commissaire européenne a ainsi mentionné son expérience en matière de gestion de risque et l'engagement des partenaires pour aider en cas de réponse aux désastres mais elle a aussi et surtout indiqué la difficulté de mobiliser des ressources pour la prévention.

"Le challenge est surtout de prévenir les risques avant qu'ils ne se produisent car la prévention est toujours moins onéreuse financièrement et humainement que la réponse aux désastres", a-t-elle affirmé.

De son côté, le président de la Banque asiatique de développement a évoqué les désastres récurrents qui frappent les pays de l'Asie et du Pacifique.

Ce qui, a-t-il précisé, les rends vulnérables compte tenu de la fréquence des catastrophes dans la région et de la densité des villes asiatiques situées en bordure du littoral.

M. Haruhiko Kuroda a ajouté que son institution avait dispensé une forte assistance technique aux pays asiatiques en vue de réduire les risques et les catastrophes.

Pour sa part, Mme Christine Lagarde a soulevé la bonne relation et le partenariat entre le F.M.I et la Banque Mondiale dans la prévention des risques et des désastres et la mise en exécution des stratégies de réponses.

Elle a rappelé, a titre d'illustration, l'action concertée des banques centrales des pays du G20, présidé à l'époque par la France alors qu'elle était le ministre français des Finances suite au Tsunami et des attaques spéculatives contre le Yen.

Elle a indiqué que si le FMI intégrait la gestion des risques et la prévention aux catastrophes dans ses politiques avec les pays, ceci n'était pas pour autant le rôle de son institution mais plutôt celui de la Banque mondiale.

Toutefois, la banquière internationale a souligné que la prévention nécessite la satisfaction de certains préalables pour les pays avec de bonnes base macro économique.

Elle a, à cet égard, cité l'allocation de ressources pour la prévention au sein des budgets nationaux, la possibilité des marges de manœuvres, le choix d’une flexibilité fiscale afin d'allouer des ressources après un désastre, l’exigence d’une coordination entre les partenaires et les pays récipiendaires, le respect de la transparence dans l'affectation des ressources et la mise en œuvre de politiques pour stimuler la croissance.

…Exposé sur le contexte djiboutien.

Le dialogue de haut niveau à Sendai a été l’occasion pour le ministre djiboutien de l’Economie et des Finances de faire un exposé sur le contexte national.

M. Ilyas Moussa Dawaleh a déclaré que la République de Djibouti avait été fortement éprouvée par des phénomènes de sécheresse récurrents.

La pluviométrie est en baisse constante et atteint 150 millimètres par an ces dernières années.

D’où le stress hydrique auquel est confronté le pays.

Le ministre a néanmoins regretté la prise de conscience tardive en 2011 de la communauté internationale de la gravité de la sécheresse qui affecte la Corne de l’Afrique et à fortiori Djibouti depuis 2008.

Alors que la récurrence de ce phénomène a affecté ces dernières années plus de 120 000 personnes, les cultures et le cheptel sur toute l’étendue du pays.

Le rappel lui a valu d’énumérer les mesures que les autorités nationales ont prises afin d’atténuer les effets de la sécheresse.

Les plus significatives sont la suppression de taxe sur les produits de première nécessité, la mobilisation d'assistance d’urgence pour répondre aux besoins les plus pressants des personnes dans les régions touchées avec l'acheminement d'une aide alimentaire, le développement de terres arables à travers la mobilisation des eaux de surface, le lancement du projet de dessalement de l'eau de mer, le soutien de périmètres agricoles et l'acquisition de terres arables en Éthiopie et au Soudan.

Enfin, le président de la Banque mondiale a commencé son allocution en langue japonaise afin de rendre hommage au Japon et au sens de la combativité des japonais face au cataclysme qui les a frappés en mars 2011.

M. Jim Yong Kim a aussi estimé les besoins annuels des dommages à 1,2 milliards de dollars américains.

Il a au passage mis en exergue la mobilisation de ressources conséquentes par la BM avec un fonds pour la Corne de l'Afrique de 500 millions de dollars américains.

En conclusion, le banquier a reconnu le challenge pour son institution de construire aujourd'hui les mécanismes de prévention.

Nous reviendrons dans nos prochaines éditions sur les autres axes d'intervention de la délégation djiboutienne lors des assemblées annuelles du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale qui se tiennent jusqu'au dimanche 14 octobre prochain à Tokyo au Japon.