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La politique de la BCE a peu d'impact sur le financement des PME européennes
2013-05-02 Les Echos

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L'institution se réunit aujourd'hui à Bratislava, alors que les anticipations sont à la baisse de son taux directeur. Des mesures pourraient s'ajouter pour remédier à une faiblesse du crédit aux PME dans la périphérie de la zone.

La politique de la BCE a peu d\'impact sur le financement des PME européennes

L'Europe du sud engluée dans la récession, l'inflation dans la zone euro au plus bas… Le décor est planté pour une probable baisse de 25 points de base du principal taux de refinancement de la Banque centrale européenne dès aujourd'hui, tandis que l'institut d'émission réunit son conseil des gouverneurs à Bratislava, en Slovaquie. La BCE n'a que rarement pris de décision sur ses taux en dehors de son bastion de Francfort. Or de nombreux économistes anticipent un desserrement des vannes du crédit. Pourquoi une baisse des taux paraît jouée

Les mots de juillet 2012 du président de la BCE, Mario Draghi, laissant croire que tout serait fait pour sauver l'euro avaient soulevé des craintes de regain d'inflation du côté de la Bundesbank. Au contraire, la hausse des prix est descendue au mois d'avril à 1,2 % en zone euro, quand la valeur ciblée par la BCE est proche de 2 %. Pis, le scénario attendu à Francfort de reprise graduelle de l'économie au second semestre s'éloigne. Déjà le mois dernier, la BCE avait insisté sur les « risques baissiers » accompagnant cette perspective. Depuis, le climat des affaires connaît une douche froide après les dernières aggravations des chiffres du chômage, comme en France et en Espagne. 19,2 millions de personnes, soit 12,1 % des actifs, sont sans emploi en zone euro, du jamais-vu depuis le lancement de la monnaie unique. Baisser le taux directeur pour quel effet ?

Passer le taux principal de refinancement de 0,75 à 0,50 % aurait mécaniquement de quoi diminuer le coût des remboursements des crédits à long terme (LTRO) consentis par la BCE aux banques. Mais le caractère symbolique de la baisse des taux ne saurait changer le problème crucial, à savoir une faible distribution du crédit aux PME dans la périphérie de la zone. Cela empêche un redémarrage de l'activité compte tenu de leur rôle crucial dans l'économie. Les PME en Italie, en Espagne ou au Portugal empruntent à des taux restant élevés, entre 4 % et 6 %, alors que la détente est observée sur le front des obligations souveraines de ces pays. Le problème pour la BCE est que la distribution de crédit ne dépend pas que du niveau de taux, mais aussi de la propension des banques à accepter une clientèle au profil de risque plus élevé, de même que de la confiance des entreprises à investir dans un climat détérioré.

Par ailleurs, une baisse des taux conduit les acteurs sur les marchés à désinvestir dans l'euro, provoquant une baisse du cours de la monnaie. Cela va aider une Allemagne très exportatrice, mais risque de creuser le déficit commercial dans des pays où celui-ci est structurel, comme en France. D'autres solutions dans la boÎte à outilS ?

La BCE pourrait ajouter à l'arme des taux le fait de faciliter les conditions des opérations de « repos » pour les banques. Elles pourraient recevoir davantage de financement à son guichet en échange de créances apportées en garantie. Mais ces outils existent déjà et n'ont pas produit à ce jour d'effets spectaculaires. Autre option, améliorer les conditions de crédit par les banques de développement, comme la Banque européenne d'investissement. Mario Draghi peut enfin signaler, comme la Fed américaine, combien de temps la BCE compte poursuivre sa politique monétaire accommodante. Mais, remarque Oddo Securities, si le geste donne aux gouvernements un prétexte à l'inaction, le résultat sera contre-productif.