France

Moscovici maintient sa prévision de croissance de 0,8% en 2013
2012-12-28 L'Express

Le ministre de l'Economie reconnaît qu'il s'agit d'une prévision volontariste, mais il déclare avoir confiance dans l'économie française.

Le ministre de l'Economie et des Finances, Pierre Moscovici, a estimé qu'il n'y avait pas de raison de changer la prévision de croissance pour 2013 malgré la publication, vendredi par l'Insee, d'un chiffre moins performant pour le troisième trimestre. "Aujourd'hui, il n'y a pas de raison de changer la prévision de croissance", a-t-il déclaré devant des journalistes, à l'occasion d'un déplacement à l'aéroport d'Orly où il a rendu visites aux douanes.

Le gouvernement table sur une croissance du Produit intérieur brut (PIB) de 0,8% pour l'année 2013. "Je maintiens 0,8%", a ajouté M. Moscovici, tout en se disant conscient que la situation est "difficile". "J'ai toujours dit que c'était une prévision volontariste, mais je suis volontariste parce que j'ai confiance en la zone euro, parce que j'ai confiance en l'économie française", a-t-il commenté.

Le ministre était interrogé alors que l'Insee a révisé vendredi matin à la baisse la croissance pour le troisième trimestre 2012 à 0,1%, contre une précédente estimation de 0,2%. Ce nouvel indicateur rend difficilement accessible l'objectif officiel de 0,3% de croissance en 2012 car il faudrait 0,7% de croissance au quatrième trimestre pour y parvenir. Or l'Insee a prévu dans sa dernière note de conjoncture publiée le 20 décembre un PIB des trois derniers mois de l'année de 0,2% inférieur à celui des trois mois précédents.

"Il y a encore de très fortes incertitudes sur l'économie mondiale", a estimé M. Moscovici, rappelant qu'il était aujourd'hui impossible de prévoir si les Etats-Unis allaient sortir de l'impasse fiscale au Sénat. "Qu'est-ce qui se passera aux Etats-Unis ' (...) Quelle sera l'attitude du nouveau gouvernement japonais '", s'est-il interrogé. "Quelle conséquence les agents économiques tireront-ils de l'amélioration indéniable de la situation de la zone euro à laquelle nous avons travaillé'", a-t-il continué.

"Sur cette base-là, dans les semaines qui viennent, nous verrons si nous pouvons confirmer ces chiffres - aujourd'hui, je le fais tout en sachant qu'ils sont volontaristes-, ou si nous devrons les ajuster". Le ministre a également évoqué un rendez-vous en avril, lorsque le gouvernement français devra présenter un programme de stabilité européen, pour se prononcer sur les prévisions de croissance de l'année à venir. La semaine dernière, l'Insee avait ainsi estimé que l'économie française allait commencer l'année 2013 sans aucun élan de croissance et qu'elle continuerait à détruire des emplois au premier semestre. L'institut ne prévoyait toutefois pas de récession d'ici à juin.