Finance Islamique

Djibouti abrite le premier sommet africain de la Finance islamique
2012-11-07 La Nation n° 217

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La première conférence africaine de la Finance islamique s’est ouverte hier au Djibouti palace Kempinski. Cette conférence, la première du genre en terre africaine, a été placée sous le haut patronage du chef de l’Etat Ismaïl Omar Guelleh. Outre le chef de l’Etat et la Première Dame, de nombreuses autres hautes personnalités du pays ont assisté à la cérémonie d’ouverture des travaux de cette conférence dont le thème est : « Saisir les opportunités en Afrique ».

De nombreuses délégations représentant les plus importantes institutions financières islamiques sont représentées à ces assises de deux jours qui doivent permettre à près de 200 leaders internationaux de la Finance islamique venus de différents pays de réfléchir aux voies et moyens de saisir l’opportunité de la finance islamique en Afrique.

Premier du genre à Djibouti et sur le continent, un sommet africain de la Finance islamique a débuté ses travaux hier au palace Kempinski.

Cette conférence, organisée avec le soutien de la banque centrale de Djibouti, a été placée sous le haut patronage du président Ismaïl Omar Guelleh qui a prononcé un discours hier lors de l’ouverture des travaux.

Le thème retenu pour ce sommet, " Saisir les opportunités en Afrique", résume les objectifs des organisations de la Finance islamique.

De nombreux capitaines d’industrie venus de divers pays musulmans participent aux débats dont le but est de déterminer les stratégies à mettre en œuvre pour offrir les services de la finance islamique à l’Afrique et à son importante population essentiellement musulmane.

Le Président Ismaïl Omar Guelleh, parrain de cette rencontre, a pris la parole hier pour livrer son analyse de la situation en Afrique et des opportunités qui existent sur le continent pour la finance islamique.

Le chef de l’Etat djiboutien a d’emblée rappelé que malgré les initiatives des chefs d’Etat africains au cours des dix dernières années pour faciliter la « pénétration » du système financier basé sur la charia sur le plan local, cela demeurait circonscrit autour des pays membres de l’UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine).

« En effet, 1% seulement du volume de la finance islamique mondiale est capté par l’Afrique sur un total de près de 1400 milliards de dollars.

C’est dire combien cela reste en deçà des objectifs souhaités.

Et à l’heure où les occidentaux s’éveillent à cette nouvelle manne que représentent les capitaux islamiques, ce serait une grande injustice que commettrait la finance islamique en ne priorisant pas l’Afrique parmi les récipiendaires.

Aussi, elle se doit d’être disponible pour l’Afrique tandis que cette dernière se doit de s’outiller en perspective et de mettre à jour son système. »

Autre le chef de l’Etat, de nombreuses autres personnalités ont pris la parole pour parler des enjeux d’une plus grande implantation de la finance islamique en Afrique.

Le gouverneur de la Banque centrale de Djibouti, M. Djama Mahamoud Haïd, a également prononcé un discours dans lequel il a souligné l’importance grandissante de la finance islamique à Djibouti et sur le rôle central de la place de Djibouti dans les échanges entre la région et la péninsule arabique.

Le gouverneur a aussi mis l’accent sur le développement du secteur bancaire à Djibouti d’une manière générale.

M. Khaled Mohammed Al-Aboodi, Chef de la Direction et Directeur Général de la Société Islamique pour le Développement du Secteur Privé, branche privée du Groupe de la Banque Islamique de Développement (IDB), Arabie Saoudite, et Jaseem Ahmed, Secrétaire Général du Conseil des Services Financiers Islamiques (IFSB) ont examiné tour à tour comment la finance islamique peut agir comme un catalyseur pour une nouvelle vague de développement économique en Afrique, et comment la finance islamique peut mobiliser les flux commerciaux et d’investissement en Afrique.

Après les discours d’ouverture, les travaux ont pu commencer et différents thèmes ont été abordés.

Un des faits marquants aura été le débat de haut niveau sur la « puissance ».

Animée par Etsuaki Yoshida, Directeur et Economiste Principal à la Banque Japonaise pour la Coopération Internationale (JBIC), la session a analysé les principaux défis à surmonter pour réaliser une croissance importante dans le secteur bancaire et financier islamique en Afrique.

De nombreux capitaines d’industrie dont Dr. Suleiman Walhad, Chef de la Direction de la Banque Internationale Dahabshil, Asad Aziz Ahmed, directeur Général de la Gulf African Bank, Basel A. Haj-Issa, Chef de la Direction de Saba Islamic Bank, Omar Ibrahim Egal, Président de Salaam African Bank, Cassim Docrat, Directeur de DDCAP (DIFC) Limited et Ali Mohamed, Chef de la Charia à Qinvest, ont participé à ces débats.

Le Dr. Suleiman Walhad, Chef de la Direction de la Banque Internationale Dahabshil estime que "l’Afrique possède une population croissante d’environ 1 milliard de personnes, et une grande partie des citoyens du continent sont musulmans.

Cette importante population a besoin de services et il revient aux institutions financières islamiques et aux leaders de l’industrie d’apporter des services financiers islamiques au continent et à sa forte population musulmane.

Jusqu’à présent comme on peut le constater et à l’exception du nord du continent qui est un terrain conquis, le continent a besoin d’être exploré par les leaders de l’industrie bancaire islamique et par les institutions financières, avec la même intensité utilisée pour commercialiser leurs produits et services dans toute autre partie du monde.

En plus des nombreuses sociétés, entreprises et gouvernements africains, ils devraient s’interroger jour après jour sur la façon de mobiliser des capitaux pour des opérations commerciales, pour le développement des infrastructures, et pour satisfaire d’autres exigences de financement souvent nécessaires pour aider les pays et leurs entreprises respectives à sortir de la pauvreté qui touche le continent en dépit de ses immenses richesses naturelles.

La finance islamique peut apporter une réponse à cette situation."

"Nous espérons que des événements comme le Sommet Africain de la Banque Islamique (IBSA 2012) vont aider le continent à être exposé à l’industrie naissante et croissante de la finance islamique", a-t-il ajouté.

Les travaux du sommet africain de la Finance islamique se poursuivent au Kempinski.

Et une déclaration finale sera rendue publique dans le courant de la journée.