BAD

Portefeuille de la BAD à Djibouti Une revue des forces et des faiblesses
2012-11-08 La Nation

Le Ministère de l’Economie et des Finances, chargé de l’Industrie et de la Planification (MEFIP) et la Banque africaine de développement(BAD) ont organisé hier au Kempinski une revue du portefeuille des projets financés par la BAD. L’exercice a permis aux participants et aux instigateurs d’évaluer la performance globale du portefeuille des opérations en cours, les capacités des agences d’exécution des projets, l’efficacité du mécanisme de coordination, y compris dans le cadre des cofinancements.

Et d’identifier les principaux goulots d’étranglement et les contraintes dans la mise en œuvre des projets, notamment le dispositif institutionnel et les questions en rapport avec la passation des marchés, la gestion financière, les décaissements et la mise à la disposition des fonds de contrepartie.

Un atelier sur la revue des performances du portefeuille de la Banque africaine de développement (BAD) à Djibouti s’est déroulé hier au palace Kempinski.

Et ce, faut-il le rappeler, à l’initiative conjointe de la Banque africaine de développement et du Ministère de l’Economie et des Finances, chargé de l’Industrie et de la Planification (MEFIP).

L’évènement a réuni plusieurs hauts fonctionnaires de la direction des financements extérieurs du MEFIP, dont le directeur Almis Mohamed Abdillahi, les experts de la BAD, les chefs de projets de différentes agences d’exécution, les comptables et gestionnaires des projets, la représentante résidente de la Banque mondiale à Djibouti, le chargé de coopération de la représentation diplomatique de l'Union Européenne et le principal responsable du bureau local du PAM.

Aussi, cette revue de portefeuille a été ponctuée de discours et de débats.

D’abord, l’allocution dans laquelle le directeur des financements extérieurs du MEFIP a d’emblée adressé ses vifs remerciements au staff dirigeant de la banque africaine pour l’intérêt incessant que ses membres ont toujours su accorder au développement économique et social du pays.

M. Almis Mohamed Abdillahi a ensuite mis en exergue la qualité du partenariat entre la République de Djibouti et la BAD en citant des projets structurants tels l'interconnexion électrique djibouto-éthiopienne, le port de Doraleh et la réponse aux défis de DJIBOUTI face au changement climatique et au contexte de la sécheresse.

Prenant la parole à son tour, le directeur des opérations pays par intérim de la banque africaine de développement a présenté les forces et faiblesses du portefeuille de sa maison mère en République de Djibouti.

Ce faisant, il a mentionné les retards de certains projets en matière d’exécution du projet du fait de la lenteur des délais de mise en vigueur.

Ce qui entrave le bon déroulement du projet.

Sur ce, l’équipe d’experts de la BAD a insisté sur l'amélioration des indicateurs socioéconomique et la gestion du portefeuille.

Puisque quelques problèmes ont jalonné la réalisation des projets dans les délais impartis.

Elle a également apporté des éclaircissements sur les orientations stratégiques de la Banque africaine pour la période 2012-2015.

Lesquelles concernent le volet eau et énergie, le développement des infrastructures et le renforcement des capacités.

Cela dit, les experts de la BAD ont mis en évidence la corrélation étroite entre les ressources du portefeuille de Djibouti et les performances de la gouvernance macroéconomique et des projets existants.

Ils ont par ailleurs souligné que la Banque africaine mobilisera 35,8 millions de dollars dont 10 millions à travers le 12e FAD, 3, 75 avec la FEF et 15 millions de dollars américains via l'enveloppe régionale, le fonds RWSSI et la Facilité de l’eau.

Autant de chiffres qui résument assez le niveau des engagements actuels et futurs de la BAD au pays.

Les gestionnaires des projets en étaient conscients lors de la revue de portefeuille d’hier au Kempinski.

Ils ont saisi l’occasion pour soulever maintes difficultés rencontrées lors de l’exécution des projets.

Ainsi, ils ont évoqué les problèmes au niveau de la passation des marchés.

Car la commission nationale des marchés publics comme seul organe exécutant tous les Marchés Publics est, ont-ils affirmé, assez débordée par un emploi du temps chargé et de ce fait ne peut pas traiter à temps le marché.

De plus, une fois que le marché est traité et signé par la Commission, ce dernier doit être impérativement signé par plusieurs ministres.

Cette lenteur administrative a un impact négatif sur le bon déroulement du projet et ne pourrait être exécuté à temps comme prévu dans la convention de financement selon les avis concordants des chefs de projets.

"C’est pourquoi tous les projets sollicitent des prorogations", ont-ils indiqué en substance à l’unisson.

En outre, ces acteurs de terrain ont pointé du doigt certaines lenteurs administratives de la Banque Africaine de Développement qui ne répond pas à temps à toutes demandes, les délais importants dans les non objections, l'absence de supervision et de formation adéquates, les changements fréquents de task manager.

Autant de remarques qui nous permettent de cerner l’objet même de cette revue de portefeuille.

Il s’agissait pour ses instigateurs d’évaluer par ce biais la performance globale du portefeuille des opérations en cours, les capacités des agences d’exécution des projets, l’efficacité du mécanisme de coordination, y compris dans le cadre des cofinancements, et d’identifier les principaux goulots d’étranglement et les contraintes dans la mise en œuvre des projets, notamment le dispositif institutionnel et les questions en rapport avec la passation des marchés, la gestion financière, les décaissements et la mise à disposition des fonds de contrepartie.