Avis d'Appel d'Offres National

MENFOP/MEFIP/CCD

Adapter la formation professionnelle aux exigences de compétitivité et de développement économique
2012-11-30 La Nation n°232

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Les acteurs de la Formation Professionnelle et le monde des entreprises sont réunis depuis hier sous les lustres du Kempinski Palace de Djibouti afin de débattre sur la question du « développement économique, la compétitivité et la formation professionnelle ». C’est sous cet intitulé, qu’un atelier de concertation organisé par le Ministère de l’Education Nationale et de la Formation Professionnelle, en partenariat avec le Ministère de l’Economie et des Finances, chargé de l’Industrie et de la Planification ainsi que de la Chambre de Commerce de Djibouti, tente d’apporter des réponses concrètes aux défis de l’adéquation entre les offres de formation professionnelle et les besoins du marché du travail. Compte-rendu…

Toutes les analyses et les études tendent à le démontrer : l’enseignement technique et la formation professionnelle demeurent des vecteurs clés pour les économies émergentes.

Partant de ce constat, les autorités publiques en charge du système éducatif ont pris l’initiative, avec leurs homologues en charge de l’économie nationale, d’inviter à un débat élargi les opérateurs privés de la place afin de jeter les bases d’une instance de réflexion et d’un partenariat dynamique, l’ambition affichée étant de trouver la bonne équation entre les besoins en main d’œuvre qualifiée de notre économie et les offres de formations professionnelles disponibles dans les lycées techniques et professionnels.

Convergence de vues autour des ETFP…

Ce fut le sens du discours inaugural prononcé par le Président de la Chambre de Commerce de Djibouti, M. Said Omar Moussa qui a notamment déclaré devant ses partenaires du monde des entreprises et le ministres de l’Education Nationale et de la Formation Professionnelle, Moussa Ahmed Hassan et son collègue, le ministre délégué au Budget Amarreh Ali Saïd, que «l’adéquation entre les qualifications requises par les entreprises et la formation des jeunes étant un enjeu primordial dans tous les pays à l’heure actuelle, il convient d’accorder à cet atelier toute l’attention requise. »

Le président Saïd a promis d’apporter la contribution de la CCD « pour être en phase avec la volonté du Gouvernement dans la mise en place d’un nouveau système d’enseignement technique et professionnel qui, in fine, contribuera nécessairement à renforcer la compétitivité des opérateurs économiques du pays.

Rappelant le contexte de développement économique accéléré de notre pays, grâce notamment à la croissance soutenue, le Ministre délégué au Budget, M. Amareh Ali Said, a plaidé pour une formation technique et professionnelle au diapason de cet élan économique.

Le ministre a par ailleurs établi un lien direct entre la qualité de l’enseignement et la consolidation du bien-être des populations mais aussi le renforcement du capital humain, qui demeure, a-t-il insisté, un vecteur indispensable à la compétitivité de notre économie. Malgré tous ces facteurs encourageants, M. Amareh Ali Said, a fait remarquer que les défis ne manquaient pas.

Ainsi, s’est-il alarmé de la persistance d’un chômage de masse notamment chez les jeunes, de la fragilité de la stabilité sociale, notamment à cause de la pauvreté extrême qui frappe une frange importante des Djiboutiens, ou encore de la faiblesse du secteur privé qui reste tout de même embryonnaire et peu structuré, reflétant, le manque d’entreprenariat, le poids des contraintes réglementaires et le coût des facteurs de production tels que le l’électricité, par exemple.

C’est à la lumière de ces éléments que les autorités ont élaboré la Vision Djibouti 2035, a indiqué le Ministre, qui l’a défini comme une ‘Nouvelle Approche de Développement Economique et Sociale’ de long terme censée impulser les transformations nécessaires de l’Economie et de la société puisqu’il s’agit également d’un processus basé sur une démarche participative et prospective.

Le ministre a conclu son propos par un appel à la réorganisation des contenus de l’offre de formation en vue de leur adaptation au besoin de l’économie car, a-t-il souligné, l’enseignement technique et la formation professionnelle constituent les leviers essentiels au renforcement de la compétitivité et la performance de l’économie nationale.

Clôturant les discours officiels, le ministre de l’Education nationale et de la Formation Professionnelle, M. Moussa Ahmed Hassan, a tenu à préciser les objectifs assignés à cette rencontre qui doit accompagner la réforme du secteur de la formation professionnelle censée « déboucher sur la mise en place progressive d’une nouvelle architecture des formations professionnelles en phase avec les exigences actuelles du marché du travail et des besoins des entreprises.

Le point le plus saillant de cette réforme, qui vous sera présenté en détail au cours de la deuxième journée de cet atelier, est la mise en place d’un baccalauréat professionnel préparé sur trois ans, après la fin du cycle fondamental, de la même façon que le BAC général. »

Le ministre a défini les caractéristiques de ce changement majeur, qui marque une volonté forte tendant à relever la qualité de la formation professionnelle, à travers une refonte des contenus de formation, des modes d’enseignement qui doivent donner plus de place aux enseignements pratiques et professionnalisant à l’école, et les stages en milieu professionnel.

Un système de formation professionnelle de qualité appelle entre autre, a notamment indiqué le Ministre, l’amélioration de la gouvernance et le renforcement du partenariat avec le secteur privé.

En matière de gouvernance, le ministre a rappelé la récente mise en place de la nouvelle Direction Générale de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle qui doit renforcer son leadership afin d’élaborer et conduire la politique nationale de la formation professionnelle, aux cotés des autres acteurs.

L’autre facteur essentiel reste la participation effective des entreprises à la gestion du système de formation professionnelle, depuis la définition des contenus des enseignements des formations, à la gestion proprement dite des établissements de formation.

Par ailleurs, ceux-ci doivent prendre part au financement, notamment par le biais du développement de la formation en alternance, école-entreprise.

En résumé, le ministre a souhaité voir l’offre de formation professionnelle être guidée par la demande des entreprises.

Bilan et Perspectives des ETFP…

Le Directeur du Financement Extérieur au Ministère de l’Economie et des Finances chargé de l’Industrie et de la Planification, M. Almis Mohamed Abdillahi, a très brillamment fait le tour des différents indicateurs de notre pays.

Il a notamment passé en revue les taux de croissance de notre économie, ses fluctuations, ses principaux moteurs comme les Investissements Directs Etrangers, le secteur bancaire et les services portuaires et les télécommunications tout comme les ressources extérieures qui ont été mobilisées pour le programme d’investissement public.

Dans son exposé, il a également fait une analyse du secteur privé domestique embryonnaire, selon lui, car il ne compte qu’une centaine d’entreprise formelles et une forte présence de l’Etat.

Le haut fonctionnaire, ne s’est pas départi des constats plutôt moroses des taux de chômage et de pauvreté extrême particulièrement élevés à 47% et 42 % respectivement.

Cependant, il a donné des indications rassurantes sur les potentialités sous exploité de Djibouti, comme les secteurs des Transports et de la Logistique, le Tourisme et la pêche entre autres secteurs.

Le directeur du Financement Extérieur du MEFIP a donné quelques orientations et politiques sur les stratégies potentiellement opportunes et intéressantes à même de relever le niveau d’exploitation dans ces secteurs respectifs.

Dans un autre registre, Mme Korad Said Chireh, directrice de l’enseignement technique et la formation professionnelle a fait une présentation et une analyse de l’architecture actuelle des ETFP.

Elle a notamment ratissé large sur les effectifs des élèves, les infrastructures, les offres de formations ainsi que les contraintes et les nouveaux défis qui se posent dans le domaine des ETFP.

Elle a fait le tour de la situation dans les lycées techniques de la capitale et des régions ainsi que le Centre de formation professionnelle des Adultes (CFPA).

Dans cette optique, la directrice a donné tous les détails concernant le public des élèves ainsi que la carte des formations disponibles dans ces établissements.

Mme Korad s’est aussi arrêtée sur l’architecture des formations dans les différents types de cursus, qu’ils soient industriels ou tertiaires.

En ce qui concerne les contraintes et les difficultés, elle les a énumérées notamment en termes de coûts et dotations en équipements nécessaires aux formations, la formation des formateurs et l’orientation des élèves, la politique du suivi et d’insertion professionnelle des jeunes diplômés.

Elle a conclu sur les principaux atouts du système des ETFP.

Le Directeur Général de l’Enseignement Technique et la Formation Professionnelle, M. Mohamed Houmed Mahamadé, a refermé les présentations techniques par un aperçu global sur la nouvelle vision développée en matière d’ETFP qui se décline par une instance de pilotage efficace et pertinente des ETFP, la garantie de la soutenabilité financière du système des ETFP mais aussi le renforcement de la gouvernance de l’ETFP, tout en développant un partenariat fort avec les opérateurs économiques de la place afin d’améliorer la qualité des formations et des compétences.

Le Directeur Général a commencé par expliquer que la politique de gouvernance du système d’ETFP se base sur un schéma directeur élaboré sur la période 2010-2019.

Celui-ci est découpé en sous plans triennaux, a-t-il continué.

Néanmoins, il a bien voulu décliner la vision et les priorités ainsi que les actions prévues pour l’intervalle 2012-2014, tout en soulignant les modalités de mise en œuvre du plan d’action et les réalisations déjà accomplies.

Du point de vue de la vision, il a insisté sur l’amélioration de l’adéquation formation- emploi, la diversification de la carte de formation professionnelle, la mise en place d’un nouveau mode de formation appelé ‘l’apprentissage par alternance’ et enfin le renforcement des compétences linguistiques en français, anglais et en arabe.

Quant aux priorités stratégiques, il les a déclinées en termes d’Accès, de Qualité, d’Adaptation et de Gestion.

M. Mahamadé a aussi défini quelques enjeux avant d’en venir à la mise en œuvre du plan d’action prédéfini.

En fin de matinée, les interventions des professionnels qui se sont lancés avec ferveur dans les débats ont éclairés le colloque sur les vrais défis qui attendent le secteur qui doit prendre part au développement économique du pays dans les années à venir.

Suite et fin de l’atelier aujourd’hui avec les présentations techniques des analyses et les recommandations qui seront formulées.