Economie Djiboutienne

Une dynamique de croissance
2013-06-05 La Nation

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Djibouti dispose de peu de ressources naturelles. La plupart d’entre elles sont actuellement inexploitées. N’empêche que la croissance économique s’est accélérée en 2012 portée par la relance des activités portuaires et l’intensification de l’afflux d’investissements directs étrangers dans le pays. Aussi, le maintien d’une discipline budgétaire constitue un défi pour les autorités nationales même si le programme de la facilité élargie de crédit entrepris avec le FMI se soit achevé en mai 2012 avec une performance globalement satisfaisante selon les conclusions du rapport 2013 sur les perspectives économiques en Afrique.

La croissance économique du pays a connu un nouveau souffle en 2012 pour atteindre 4.5 %.

Elle est portée par le dynamisme des deux moteurs de l’économie djiboutienne : les activités portuaires et les investissements directs étrangers (IDE). Les premières bénéficient d’une montée en charge du transit.

Elles restent cependant en deçà des niveaux atteints avant la crise financière de 2008.

Quant aux IDE, leur afflux dans le pays s’est intensifié.

Ils sont principalement concentrés sur l’exploitation de sel du Lac Assal et la construction du complexe de l’aéroport Chebelley.

En outre, des secteurs d’activités moins prépondérants dans l’économie djiboutienne tels que les télécommunications, la construction et le tourisme poursuivent leur développement de manière soutenue.

Situé au carrefour de corridors maritimes importants pour le commerce de marchandises et de pétrole, Djibouti souhaite se positionner comme une plateforme de services commerciaux, logistiques et financiers pour la région du golfe d’Aden.

A cette fin, les autorités ont amorcé un programme d’investissement représentant près de 4.3 milliards de dollars américains.

En 2012, des financements ont été mobilisés pour la construction de nouvelles infrastructures portuaires dédiées à l’exportation de sel et de potasse.

Elles seront opérationnelles respectivement en 2013 et 2014.

Ces investissements, auxquels s’ajoutera l’afflux des IDE reportés depuis le début de la crise financière, soutiendront la dynamique de croissance économique du pays jusqu’en 2014.

En outre, les autorités nationales travaillent à l’élaboration d’une stratégie de développement à long terme intitulée Vision 2035.

Un travail de réflexion sur les potentialités de développement a aussi été entrepris.

L’objectif est d’identifier des secteurs porteurs qui permettront de diversifier les sources de croissance de l’économie djiboutienne et de créer des emplois.

Les autorités ont achevé en mai 2012 le programme de la facilité élargie de crédit (FEC) entrepris avec le Fonds monétaire international (FMI) en septembre 2008.

La performance du pays pendant le programme a été globalement satisfaisante avec la mise en place d’importantes réformes structurelles relatives à la gestion des finances publiques et du secteur financier.

Un nouveau programme devrait être défini avec le FMI au cours du premier semestre 2013.

L’actualisation du profil de pauvreté, conduite en 2012, a révélé une détérioration des conditions de vie de la population avec 79 % des Djiboutiens en situation de pauvreté relative contre 74 % en 2002. Le chômage touche 48 % des actifs.

Djibouti dispose de ressources énergétiques, minérales et agricoles limitées et qui sont pour la plupart inexploitées.

L’important changement structurel qu’a connu le pays entre 2004 et 2009 a été porté par l’afflux massif d’IDE en provenance des pays du Golfe, notamment l’émirat de Dubaï.

Ces investissements se sont concentrés dans des activités à haute intensité capitalistique telles que la construction d’infrastructures portuaires, routières, immobilières et hôtelières.

Ceci a favorisé la croissance économique du pays autour du secteur des transports et des services connexes.

Le développement d’activités de type industriel reste contraint par les coûts élevés des facteurs de production.

Cependant, ces contraintes pourraient s’assouplir prochainement avec la mise en place d’importants projets d’infrastructures en eau et en énergie.

Ces réalisations favoriseront alors l’exploitation des quelques ressources naturelles, notamment minières, du pays et par conséquent la création d’emplois.

(Source: Perspectives économiques en Afrique (PEA) 2013)