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Djibouti-BAD

La BAD finance la mise en œuvre d’un projet d’exploration géothermique dans la région du lac Assal
2013-08-28 ADI

Le gouvernement djiboutien et la Banque africaine de développement (BAD) viennent de procéder à la signature des accords de financement d’un projet d’exploration géothermique dans la région du lac Assal.

Le coût de ce projet, dont la mise en oeuvre s’inscrit dans la stratégie gouvernementale visant à l’amélioration de l’accès à l’énergie dans notre pays, est estimé à 7,5 millions de dollars.

L’enveloppe financière comporte un prêt et un don du guichet concessionnel du Groupe de la BAD, le Fonds africain de développement, d’un montant respectif de 5,3 et de 0,4 millions de dollars.

Elle comporte également un don de 1,8 million USD du Fonds d’énergie durable pour l’Afrique (SEFA). Les contributions de la BAD et du SEFA permettront de lever d’autres financements. Elles serviront également de catalyseur pour rallier des producteurs indépendants d’électricité géothermique.

S’exprimant lors de la cérémonie de lancement organisée à Tunis, le ministre de l’Energie chargé des Ressources Naturelles, M. Ali Yacoub Mahamoud, a félicité la BAD pour avoir "redonné vie à un projet vieux de vingt ans."

“L’exploitation du potentiel géothermique de la région du lac Assal permettra à la population djiboutienne d’accéder à une source d’énergie fiable, renouvelable et à bon marché”, a déclaré le directeur de la BAD chargé de l’Intégration régionale, M. Alex Rugamb.

L’exploitation du potentiel géothermique de la région du lac Assal à travers ce projet devrait générer dans un premier temps quelque 50 MW d’énergie propre.

Ces stations électriques sont vieilles et polluantes, avec des coûts d’exploitation exorbitants. En outre, les importations de fioul coûtent cher, obérant les précieuses recettes du pays en devises.

Lors de la première phase du projet, le gouvernement djiboutien initiera des forages exploratoires. Le secteur privé prendra le relais pour mener les forages de production, mettre en place les systèmes de collecte de vapeur, de production électrique et de transport vers le réseau national.

La géothermique connaît un développement sans précédent en Afrique de l’Est depuis deux ans. Elle attire de plus en plus d’investisseurs privés grâce à de nouveaux schémas de financement élaborés par les institutions de financement du développement telles que la Banque africaine de développement.

"Ces modèles innovants permettent de surmonter les différents risques associés au développement géothermique, notamment le risque de forage exploratoire, avec la probabilité de tomber sur des puits secs lors de l’exploration du champ géothermique", explique M. Youssef Arfaoui, spécialiste en chef en énergies renouvelables.

"En finançant sur une base concessionnelle la phase d’exploration du projet qui incluent les activités à risque élevé principalement liées au forage, et en endossant ainsi la plupart des risques, la BAD ouvre la voie à l’investissement privé pour les phases rentables du projet", a-t-il ajouté.

Le projet d’exploration dans la région du lac Assal permettra également de renforcer le développement géothermique dans d’autres pays de la vallée du Rift oriental en Afrique subsaharienne en renforçant les capacités des opérateurs à l’échelle régionale.

Les pays tels que l’Éthiopie, l’Ouganda, la Tanzanie et le Rwanda recèlent, en effet, un potentiel géothermique considérable.