Avis d'Appel d'Offres National

Banque de France

Banque de France : les profits réduits par... la sortie de crise en zone euro
2014-03-25 Les Echos

La sortie de crise de la zone euro ne fait paradoxalement pas les affaires de la Banque de France. L'institution a vu son bénéfice net reculer de 22,4 % à 2,4 milliards d'euros en 2013, quand celui de la Bundesbank a été multiplié par 7 (lire ci-contre). Il faut dire que 2012 avait été une année « hors normes du fait de l'ampleur inédite des mesures non conventionnelles », précise la Banque de France dans son communiqué. En effet, l'an dernier notamment, ses résultats avaient été soutenus d'abord par les achats de titres de dette publique dans le cadre du programme de soutien mis en place par la BCE (SMP) et ensuite par les taux perçus sur les prêts exceptionnels octroyés aux banques de la zone euro, alors en pleine crise de liquidité. Causes multiples En 2013, les produits nets d'intérêt - principal poste de recettes - ont reculé de 19 % à 6,8 milliards d'euros. L'institution l'explique avant tout par la réduction des taux directeurs en zone euro et les rendements très faibles dans les principales devises composant les réserves de change. Mais cette baisse est aussi liée à la diminution des encours rémunérés détenus dans le cadre de la politique monétaire. De nombreuses banques ont en effet commencé à rembourser leurs prêts. Par ailleurs, l'encours du portefeuille de titres souverains de la zone euro, détenu à travers le programme SMP, a baissé. Parallèlement, les charges d'exploitation ont été réduites de 3,3 %. Les premiers effets du plan de modernisation de la banque centrale, qui prévoit une baisse des effectifs de 20 % d'ici à 2020. Pour 2014, Christian Noyer, le gouverneur, anticipe une nouvelle baisse des résultats de la Banque de France, sous l'effet de la poursuite de la normalisation des opérations de politique monétaire en zone euro. La banque centrale a, par ailleurs, précisé qu'elle avait renforcé sa structure financière. Alors que les résultats de l'institution ont baissé, celle-ci a dû revoir son fonds pour risques généraux (FRG), destiné à couvrir l'ensemble des risques auxquels la Banque de France est exposée dans le cadre de ses activités (1). Ce fonds a été doté de 1,25 milliard d'euros, en 2013, portant son total à 6,91 milliards. Enfin, l'institution va verser presque 2,5 milliards d'euros au titre de l'impôt sur les sociétés. Elle n'a toutefois pas précisé les dividendes qui seront attribués à l'Etat. L'affectation du résultat doit être décidée ultérieurement, une fois que l'on connaîtra précisément les bénéfices provenant du portefeuille de dette grecque que la Banque de France doit indirectement rétrocéder à la Grèce. M. A.