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Dubai

Dubaï, symbole du renouveau du Golfe
2014-03-25 Les Echos

Croissance retrouvée, Bourse euphorique, l'émirat en a fini avec la crise. En attendant la prochaine ?

Que la crise de 2009 semble loin. A l'époque, Dubaï est au bord de la faillite, croulant sous une dette de 110 milliards de dollars. Aujourd'hui, le plus connu des Emirats arabes unis surfe sur une croissance de 4,9 % et son marché financier vient de s'envoler de plus de 120 % en un an, l'une des meilleures performances des Bourses mondiales. Il s'apprête même à accueillir sa première introduction en Bourse depuis 2009, le groupe immobilier Emirates Reit. « Le pays est un carrefour » « Dubaï n'a pas de pétrole, mais Abu Dhabi en a beaucoup. Les investisseurs ont été rassurés par la solidarité entre les émirats en 2009 », explique Sébastien Barbé, du Crédit Agricole CIB. L'aide d'urgence de son voisin lui a permis de poursuivre ses investissements, pour développer l'immobilier et transformer l'émirat en un centre financier et touristique avec en ligne de mire l'Exposition universelle de 2020. « Le pays a su se diversifier pour le meilleur et pour le pire. Le meilleur : avec le transport, le tourisme, l'hôtellerie. La tentative de créer un hub avec du confort, des infrastructures, des ouvertures culturelles est jugée crédible, d'autant que le pays est un carrefour entre l'Europe, la Russie et l'Asie », selon Sébastien Barbé. Le pire ? « Le risque immobilier n'a pas disparu. Le pays a énormément construit depuis deux-trois ans. La question est de savoir s'il n'y a pas de surcapacités, notamment dans les bureaux. Car Dubaï n'est pas la Chine et ne peut pas bénéficier de flux migratoires liés à l'exode rural. » Signe inquiétant, les prix de l'immobilier flambent de nouveau : + 43 % en 2013 selon Cluttons LLC pour des appartements milieu de gamme. « Le faible niveau des taux rend le coût du capital artificiellement faible, ce qui accroît le risque de création d'une bulle spéculative », constate Ghadir Abu Leil Cooper chez Baring. Une réalité, selon le fonds BlackRock Frontiers Investment qui constate que les montants quotidiens échangés à la Bourse de Dubaï ont été multipliés par dix en deux ans, ce qui l'a conduit à réduire ses participations aux EAU. Loin de cette agitation, Dubaï vient de refinancer sa dette à hauteur de 20 milliards avec Abu Dhabi et la banque centrale des EAU à un taux d'intérêt de 1 % sur 5 ans. « C'est bon signe, analyse Sébastien Barbé. Le marché ne sanctionne pas le risque de bulle importante qui existerait dans l'immobilier. Il se focalise plutôt sur la reprise en cours. » P. Fay, Les Echos