Entreprises et Etablissements Publics

Une moralisation des pratiques de gouvernance
2014-03-31 La Nation

Le Premier ministre, Abdoulkader Kamil Mohamed, a présidé hier au palais de peuple la cérémonie inaugurale d’un atelier sur la gouvernance des entreprises et établissements publics. D’une durée de quatre jours, ces assises vont permettre aux participants vont aborder des questions relatives au fonctionnement et au rôle des sphères de décision parmi les fleurons de l’économie nationale. A charge pour les intervenants de trouver des solutions pertinentes qui puissent adapter les textes juridiques régissant ces entités économiques aux exigences d’efficacité et de transparence de la bonne gouvernance. Le dépoussiérage des vieux textes de loi régissant les entreprises et établissements publics était la thématique centrale de l’atelier qui s’est ouvert hier dans la salle de conférence du palais du peuple. Parrainé par le Premier ministre, Abdoulkader Kamil Mohamed, l’événement a réuni sur place le ministre de l’Economie et des Finances, chargé de l’Industrie, Ilyas Moussa Dawaleh, le ministre de l’Equipement et des Transports, Moussa Ahmed Hassan, le ministre de l’Energie, chargé des Ressources Naturelles, Ali Yacoub Mahamoud, la secrétaire d’Etat au Logement, Amina Abdi Aden, le secrétaire général du gouvernement, Mohamed Hassan Abdillahi, plusieurs administrateurs et managers d’établissements parapublics et des hauts fonctionnaires du secteur public. …Exigences d’efficacité et de transparence. D’une durée de quatre jours, ces assises sont animées par l’expert québécois de l’Ecole Nationale de l’Administration Public du Québec, Marc La Croix. La rencontre vient à point nommé pour les managers d’une dizaine de gros pourvoyeurs publics et parapublics d’emplois qui contribuent à hauteur de 56% au produit intérieur brut(PIB) national. Pour cause, le consultant canadien et ses interlocuteurs djiboutiens vont se pencher sur les conditions de mise en conformité des pratiques de gouvernance locale aux normes standards de la gouvernance mondiale. La problématique devrait concerner à terme plus d’une quarantaine (45) d’entreprises publiques nationales. Elle rentre dans le cadre de la réforme projetée dont l’objectif vise au renforcement de l’efficacité et la transparence de la gestion de ces établissements. Sans oublier l’imputabilité de leurs composantes de direction qui est l’un des volets inexplorés jusqu’alors. Il s’agit en clair pour les instigateurs du présent atelier de favoriser la mise en place de règles et de mécanismes, susceptibles de garantir un équilibre entre les pouvoirs d’organes respectifs de direction, de gestion et de contrôle de ces entités. D’ailleurs, le ministre de l’Economie et des Finances l’a rappelé en des termes limpides. En effet, M. Ilyas Moussa Dawaleh a qualifié d’opportune l’initiative d’hier. Elle donne à ses yeux un sens au processus des réformes structurelles entreprises ces dernières années par le gouvernement, sous l’impulsion réitérée du chef de l’Etat. Traduction : l’ambition des autorités nationales est de moderniser nos mœurs locales en matière de gouvernance économique pour mieux gagner la confiance des communautés d’affaires du reste du monde et d’investisseurs potentiels. L’idée rejoint la conviction affichée du ministre de l’Economie et des Finances. . « L’Etat djiboutien a fait sien le choix de la bonne gouvernance dans un contexte de décollage économique. Ce parti pris demeure aux yeux des membres du gouvernement la voie privilégiée dans la création de la richesse. Il s’avère en outre l’un des axes clés de la Vision Djibouti 2035. Une vision prospective de prospérité et de bien-être pour le pays que le Conseil des Ministres a récemment adoptée », a-t-il déclaré. En outre, il a mis en évidence la nécessaire application des principes de bonne gouvernance qui répond au besoin de moderniser les règles de gestion dans les entreprises publiques et parapubliques. Le projet doit se concrétiser au plus vite compte tenu des pratiques locales de gouvernance. Lesquelles sont à la fois incomplètes, peu ou mal appliquées et à l’origine d’un certain nombre de dysfonctionnements porteurs d’inefficacité et d’inefficience suivant le constat de M. Ilyas Moussa Dawaleh. On retrouvait une logique similaire dans les propos du Premier ministre. M. Abdoulkader Kamil Mohamed a indiqué que le gouvernement donne la priorité au système de gouvernance efficace reposant à la fois sur des objectifs et des attentes clairement énoncés, des rapports hiérarchiques bien définis, et une culture d’éthiques solides. » Une bonne gouvernance exige une transparence et une responsabilité accrues, deux éléments qui contribuent au développement et au maintien d’un lien de confiance », a-t-il ajouté. D’un ton convaincant, le Premier ministre a relevé la pertinence des propositions de nouvelles règles de gouvernance d’entreprises et d’établissements publics. Pourvu qu’elles déterminent la clarification des responsabilités respectives des différents acteurs, le renforcement des pouvoirs du conseil d’administration et la révision des règles visant sa formation et son fonctionnement, et enfin la confirmation du rôle de supervision du gouvernement par la mise en place de meilleurs outils d’imputabilité et de contrôle. Tout est dit ou presque. C’était ensuite au tour de l’expert québécois, Marc La Croix, d’effectuer une présentation des règles de fonctionnement d’un conseil d’administration, des outils de supervision des contrôles des entreprises et établissements publics et la gestion du changement au sein de ces institutions étatiques. La première journée s’est clôturée par des débats francs entre les membres du gouvernement et les autres participants de cet atelier consacré au projet de moralisation des pratiques de gouvernance dans les entreprises et établissements publics.