Devise chinoise

L’affaire BNP Paribas et l’Ukraine profitent à la Chine
2014-06-09 Le Figaro

Chine

En raison de la crise ukrainienne, la devise chinoise pourrait supplanter le dollar dans les transactions et les investissements des banques et des grandes entreprises russes. Entre l’affaire BNP Paribas et la crise ukrainienne, les points communs ne sautent pas aux yeux. Pourtant, ces deux événements pourraient concourir à détourner les investisseurs du billet vert au profit du yuan, la devise chinoise.

Derniers signes en date de cette internationalisation du renminbi (la «monnaie du peuple», autre nom du yuan), les banques et les grandes entreprises russes envisagent sérieusement de recourir de plus en plus à la devise chinoise au détriment du dollar, pour leurs transactions et leurs investissements.

Ces dernières semaines, les grands groupes russes ont multiplié les démarches pour ouvrir des comptes dans différents pays d’Asie et utiliser des instruments financiers libellés en yuan, assure le patron de Deutsche Bank en Russie, cité par le Financial Times. Même si sur le front ukrainien, l’heure semble être davantage à la détente depuis la brève rencontre, vendredi en Normandie, entre Vladimir Poutine et son nouvel homologue ukrainien Petro Porochenko, la menace de nouvelles sanctions américaines pousse les milieux d’affaires russes à réduire leur dépendance à l’égard de la devise américaine. Récemment, le patron de la banque publique russe VTB a assuré à Vladimir Poutine que l’emploi de devises autres que le billet vert était l’un de «ses objectifs principaux».

Depuis deux ans, Pékin s’attache à internationaliser sa monnaie en libéralisant son usage pour les entreprises étrangères. L’affaire BNP Paribas, qui vient rappeler que l’emploi du dollar peut placer une entreprise étrangère dans le viseur de la justice américaine, pourrait accélérer ce mouvement de défiance, note un observateur des marchés.