Finance

Finance à Djibouti – Un secteur concurrentiel
2014-09-02 La Nation

L’arrivée de nouvelles banques a permis l’introduction de nouveaux produits et services financiers. Cependant leur éventail reste limité. Il est en de même pour le financement de l’activité domestique, qui se concentre sur des projets de grande ampleur liés aux activités de commerce ou sur les activités immobilières. Le secteur financier s’est rapidement développé entre 2006 et 2012, passant de deux institutions financières à 11. Bien que très concentré – les deux banques principales rassemblent 85 % des actifs –, il est resté stable et sain en 2013. Il présente cependant des vulnérabilités comme en atteste la détérioration de certains indicateurs. Ainsi, la part des prêts non performants a continué d’augmenter en 2013 pour atteindre près de 13 % contre 11.4 % en 2012 et 9.4 % en 2011, suite aux problèmes rencontrés par un établissement. Celui-ci a été mis sous administration provisoire de la Banque Centrale en 2013 et un cabinet d’audit assurera son administration en 2014, jusqu’à sa liquidation. En 2012, le ratio d’adéquation des fonds propres était de 11.7 %, soit au-dessus de la barre des 10 % fixée par la régulation. Le seuil du ratio a été relevé à 12 % en 2013. Sur les 11 banques, seules 4 ne s’y conforment pas et ont jusqu’à janvier 2014 pour rentrer dans le rang. Certains établissements dépassent toujours la limite d’exposition à un seul emprunteur, celle-ci ayant été abaissée en 2012 à 25 % des capitaux nets, contre 50 % précédemment. En outre, le rendement des capitaux propres a diminué, atteignant 21 % en 2013 contre 28 % en 2012 et les actifs liquides sont passés de plus de 60 % du total des actifs en 2012 à 48 % en 2013. L’arrivée de nouvelles banques a permis l’introduction de nouveaux produits et services financiers. Cependant leur éventail reste limité. Il est en de même pour le financement de l’activité domestique, qui se concentre sur des projets de grande ampleur liés aux activités de commerce ou sur les activités immobilières. Les crédits à l’économie augmentent de manière constante mais restent limités, restreignant l’accès au crédit des entreprises, particulièrement les PME et PMI. …La microfinance. Le secteur de la micro finance s’est développé ces dernières années. Les dispositifs existants ont fusionné pour donner naissance à un système de caisse d’épargne mutuelle, fournissant des services financiers de base aux populations exclues du système bancaire. Cependant, la principale entité de micro finance djiboutienne a été placée sous administration provisoire de la Banque Centrale depuis 2013 à la suite de la dégradation de ses performances. Une série de mesures a été ordonnée par la Banque Centrale portant sur la standardisation des procédures, le contrôle interne, la gestion du portefeuille ainsi que les systèmes et outils de gestion. La Banque Centrale a poursuivi les réformes initiées sous l’égide du FMI pour renforcer la supervision et la régulation bancaire, avec la promulgation de deux nouvelles instructions en 2013 portant sur le calcul des coefficients de liquidité et la régulation du changement de situation des établissements de crédit. Enfin, un projet de modernisation du système de paiement et du système d’information sur l’historique de crédit des agents économiques est en cours d’élaboration.