Conjoncture

Riyad rejette les allégations d'un « complot » qui consisterait à pousser les prix vers le bas à des fins géopolitiques.
2014-12-21 Le Figaro

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Riyad rejette les allégations d'un « complot » qui consisterait à pousser les prix vers le bas à des fins géopolitiques.

Les monarchies pétrolières du Golfe accusent les pays non membres de l'Opep de provoquer la chute des prix du pétrole. Les cours de l'or noir ont perdu près de 50 % depuis juin, en raison d'une offre abondante et d'une faible demande liée au ralentissement de l'économie mondiale.

Lors d'un forum sur l'énergie à Abu Dhabi, le ministre saoudien du pétrole, Ali al-Nouaïmi, dont le pays est le premier exportateur mondial de pétrole, a mis en avant «le manque de coopération des principaux producteurs hors Opep, des informations erronées et la cupidité des spéculateurs».

Une stricte base économique

Riyad rejette aussi les allégations d'un «complot» qui consisterait à pousser les prix vers le bas à des fins géopolitiques visant, avec la complicité des États-Unis, l'Iran et la Russie, qui apportent leur soutien au régime syrien de Bachar el-Assad. «La politique pétrolière du royaume s'appuie sur une stricte base économique», s'est défendu Ali al-Nouaïmi. Tout en prédisant que les «producteurs à coût élevé ne vont pas continuer à augmenter leurs extractions». Cette déclaration vise les États-Unis et le Canada, qui exploitent du pétrole de schiste et des sables bitumineux. Un autre ministre de l'Énergie, Suhail al-Mazouei, des Émirats arabes unis, a défendu le statu quo de l'Opep décidé à Vienne fin novembre qui maintient à 30 millions de barils par jour (mbj) le plafond de production malgré les appels à une réduction de l'offre. «La décision de l'Opep est correcte, stratégique et utile pour l'économie mondiale, a-t-il commenté. Elle va conduire à la stabilité des prix.» Les pays du Golfe n'ont pas l'intention de changer leur stratégie à moyen terme, même si les pays hors Opep venaient à diminuer leur production pour enrayer la chute des cours de l'or noir. Les ministres saoudien et koweïtien du Pétrole l'ont clairement indiqué ce dimanche à Abu Dhabi. «S'ils décident de réduire la production, ils seront les bienvenus. L'Arabie saoudite ne va certainement pas réduire» sa production, a précisé Ali al-Nouaïmi. «Rien ne se passera jusqu'au mois de juin, et il n'y aura pas de réunion extraordinaire», a confirmé son homologue koweïtien, Ali al-Omair.