Forum d'affaires

Le ministère de l’Economie signe avec son homologue turc un mémorandum d’entente sur l’établissement d’une zone économique spéciale
2014-12-11 ADI

A l’occasion de la visite du ministre turc de l’économie, M. Nihat Zeybekçi, arrivé la veille à la tête d’une importante délégation d’hommes d’affaires, le Ministère de l’Economie et des Finances et la Chambre de commerce de Djibouti ont organisé hier un forum d’affaires Djibouti-Turquie.

L’évènement, qui s’est déroulé à l’hôtel Kempinski, a été l’occasion pour le ministre de l’Economie et des Finances, M. Ilyas Moussa Dawaleh, de signer avec son homologue turc, M. Nihat Zeybekçi, un mémorandum d’entente sur l’établissement d’une Zone économique spéciale.

Dans le cadre d’échanges « Business to Business » (ou commerce interentreprises), les communautés d’affaires des deux pays ont pu jeter les bases de liens commerciaux mutuellement bénéfiques.

Cet accord vise notamment l’établissement d’une zone économique spéciale destinée à la création d’une zone franche industrielle et commerciale favorisant l’installation des capitaux turcs dans notre pays.

Déjà liés par un accord de promotion et de protection des investissements signés en septembre 2013, la RDD et la Turquie sont désormais des partenaires privilégiés qui auront à défendre des intérêts économiques et commerciaux communs.

Il faut dire que ce partenariat gagnant-gagnant revêt des intérêts économiques et commerciaux majeurs pour les deux nations. D’une part, notre pays s’affirme un peu plus dans son rôle de hub régional et de plaque tournante dans les échanges commerciaux dans cette partie de l’Afrique.

En ce sens, Djibouti entend capitaliser sa position de porte d’entrée de l’hinterland est-africain en s’assurant ainsi l’exclusivité de la desserte du vaste marché des sous ensembles de l’Igad et du Comesa.

Cet intérêt vital est partagé puisque les exportations turques vers le marché est-africain étaient handicapées par la longueur et la complexité des itinéraires commerciaux traditionnels.

En effet, les produits manufacturiers et les marchandises turques devaient initialement transiter par Dubaï ou d’autres pays pour joindre l’Afrique de l’Est.

Le raccourci qu’offre notre pays est donc une aubaine économique majeure pour les exportations des grandes industries turques. Le bénéfice est donc mutuel pour les deux nations.

C’est ce qu’a défendu le ministre de l’Economie et des Finances, M. Ilyas Moussa Dawaleh, dans son intervention devant les communautés d’affaires des deux pays.

M. Dawaleh a répété que l’accord-cadre qu’il venait de parapher avec son homologue turc, représentait « une étape supplémentaire dans l’édification d’un partenariat économique et commercial stratégique entre Djibouti et Ankara ».

Il a également fait la part belle dans son discours aux ambitions économiques Djiboutiennes qui représentent des investissements de l’ordre de 14 milliards de dollars pour les 8 prochaines années. »

Des investissements subséquents qui toucheront des domaines aussi variés que « les transports et notamment les ports et aéroports, les zones industrielles, les zones économiques spéciales et les secteurs de l’énergie et surtout les énergies renouvelables et écologiques », a-t-il ajouté.

Des secteurs déjà identifiés comme prioritaires dans le cadre de la « Vision Djibouti 2035 » et qui engloberont également le transport et la logistique, l’énergie et l’eau, la Banque et les finances, la pêche ainsi que l’industrie et les mines et enfin le tourisme, l’immobilier et la transformation.

Le ministre de l’Economie et des Finances a enfin plaidé pour l’établissement d’une ligne maritime directe entre Djibouti et Ankara et la mise en place d’un conseil économique djibouto-turque qui devraient favoriser, selon lui, le développement des échanges commerciaux et techniques entre les entreprises des deux pays et l’afflux massif des capitaux turcs dans notre pays.

De son côté, le président de la Chambre de commerce, M. Youssouf Moussa Dawaleh, a souligné que lors d’une récente mission commerciale qu’il avait effectuée en Turquie, il avait signé cinq accords avec des entités représentant les entreprises Turques.

Des accords qui ont permis de sceller un partenariat solide et une coopération économique renforcée entre les communautés d’affaires Djiboutiennes et Turques.

A ce titre, il a salué la présence du président de la DEIK, entité signataire de ces accords, au forum d’affaires Djibouti-Turquie.

Il a enfin souhaité voir la concrétisation de l’accord portant création établissement d’une zone économique spéciale turque à Djibouti, qui portera le nom de « Small Turkey ».

Dans l’atteinte de cette perspective, le partenariat économique entre les deux pays devrait franchir plusieurs paliers.

Le ministre de l’Economie turc, M. Nihat Zaybeci, qui s’est exprimé en langue turque, a estimé que Djibouti et Ankara avaient désormais ouvert les pages d’une nouvelle ère prometteuse.

Il a indiqué que ce sont des investissements publics consentis par le gouvernement turc qui devraient servir de tête de pont pour apporter les conditions et les infrastructures nécessaires à l’arrivée des capitaux privés turcs attendus dans la zone économique spéciale qui comprendra une zone franche industrielle et commerciale.

Selon lui, ces investissements publics seront dégagés assez rapidement dans le courant du premier semestre de l’année 2015 afin d’accélérer le processus d’entrée en vigueur de la zone économique spéciale ou la « Small Turkey ».

Les premiers investissements turcs concerneront notamment les transports et la logistiques, les équipements destinés au stockage et à l’acheminement des produits manufacturiers et des biens de consommation à destination de l’Afrique de l’Est.

M. Nihat Zeybekçi a enfin assuré que les bénéfices mutuels pour les deux pays seraient à la hauteur des ambitions Djiboutiennes en termes de retombées économiques, d’emplois et d’infrastructures.

Notons enfin que les travaux du forum ont permis à la délégation turque composée d’une centaine d’opérateurs économiques turcs et d’officiels de prendre langue avec les entrepreneurs et les responsables Djiboutiens.

Les communautés d’affaires des deux pays ont pu avoir des échanges et des discussions directes en mode « Business to Business » ou commerce interentreprises dans les secteurs d’activités identiques ou apparentés.

Ainsi, les échanges ont permis d’étudier les possibilités de partenariats et les opportunités immédiates et des projets communs ont pu être envisagés.

Il faut dire que cet accord-cadre et surtout les échanges entre les deux communautés d’affaires seront les premiers jalons de la création d'un climat favorable visant à asseoir le développement des échanges commerciaux mais aussi d’expertises entre la Turquie et Djibouti.