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Filets Sociaux de Sécurité : Djibouti investit dans la nutrition
2014-07-06 La Nation

Le projet des filets sociaux de sécurité est géré par l’Agence djiboutienne de développement social, sous la tutelle du Secrétariat d’État chargé de la Solidarité Nationale, en étroite coordination avec le Ministère de la Santé. Il est mis en œuvre au niveau communautaire par des organisations locales. Les interventions ont débuté en septembre 2012 et ont depuis été étendues géographiquement. En juin 2014, au moins 5 400 personnes avaient bénéficié des services de nutrition, et plus de 4 440 personnes avaient pris part aux interventions dans le respect du principe « argent contre travail ». Le programme des filets sociaux de sécurité a d’abord été mis en œuvre dans certaines régions de Djibouti comme un projet pilote financé par un don du Fonds japonais pour le développement social (JSDF) en 2010 et administré par la Banque mondiale. Il a instauré un système visant à éviter que des couches vulnérables de la population ne sombrent encore davantage dans le cycle de la pauvreté. Fort de résultats positifs et de la preuve que les comportements avaient rapidement changé, l’échelle du projet pilote a été augmentée par un autre projet couvrant un plus grand nombre de bénéficiaires, financé cette fois-ci par l’Association internationale de développement (IDA) de la Banque mondiale dans les districts de Balbala, d’Obock et de Dikhil. Ceci est un excellent exemple du rôle important que joue le JSDF dans l’engagement de la Banque à Djibouti. Ce programme visait à remédier aux conséquences de la grave sécheresse qui avait affecté la région en 2007/2008 et de la crise financière mondiale. La Banque a mobilisé d’importants moyens de financement par le biais du mécanisme de l’IDA dédié à la riposte aux crises (CRW) afin d’accompagner les efforts entrepris par les autorités de Djibouti pour stimuler la croissance économique grâce à des investissements dans l’infrastructure, le développement rural et le capital humain. Le renforcement des filets sociaux s’inscrivait dans ce cadre.. Le programme de filets sociaux de Djibouti se démarque des autres programmes plus traditionnels de par le fait qu’il intègre les interventions axées sur la nutrition dans un programme « argent contre travail ». Il vise à mettre l’effet d’un revenu supplémentaire pour les ménages au service des enfants et de leur nutrition. Ce programme cible donc les foyers pauvres et vulnérables comptant des femmes enceintes et des enfants de moins de deux ans. L’approche des « 1 000 premiers jours de vie » repose sur les preuves que la malnutrition débute durant la grossesse et que les dégâts précoces qu’elle cause sont irréversibles une fois que l’enfant atteint 24 mois. Les statistiques mondiales montrent également que lorsque ce sont les femmes qui gèrent le revenu, l’impact sur la nutrition des enfants et la sécurité alimentaire du ménage est plus important que lorsque ce sont les hommes qui le gèrent. L’information sur les changements de comportement durant les séances de groupe mensuelles et les visites à domicile individuelles vise à promouvoir un comportement favorisant une meilleure situation sanitaire. Ce projet est géré par l’Agence djiboutienne de développement social, sous la tutelle du Secrétariat d’État chargé de la Solidarité Nationale, en étroite coordination avec le Ministère de la Santé. Il est mis en œuvre au niveau communautaire par des organisations locales. Les interventions ont débuté en septembre 2012 et ont depuis été étendues géographiquement. En juin 2014, au moins 5 400 personnes avaient bénéficié des services de nutrition, et plus de 4 440 personnes avaient pris part aux interventions « argent contre travail ». Plusieurs études ont été menées pour évaluer les changements de comportement. Les acteurs institutionnels et les partenaires au développement ont ainsi constaté que plus de 60 % des femmes enceintes/allaitantes qui participent au programme ont une alimentation plus diversifiée ou mangent au moins quatre catégories d’aliments, contre environ 20 % en 2011. De même, la proportion de femmes qui nourrissent leur bébé exclusivement au sein pendant les six premiers mois ressort à 35 %, contre 9 % deux ans plus tôt. Ces résultats ne peuvent certes pas être attribués uniquement à ce programme. Et les parties prenantes réalisent actuellement une évaluation d’impact afin d’estimer la valeur ajoutée qu’apporte l’intégration de la nutrition à un programme qui repose sur le principe « argent contre travail ». Les conclusions seront disponibles en début de l’année prochaine. Ce programme a produit de solides résultats sur le terrain, contribuant à changer les comportements de manière durable. Ce projet porte des promesses énormes pour les plus vulnérables et ceux qui présentent le plus grand risque d’être touchés par la malnutrition à Djibouti. Il est sur la bonne voie !