FORUM D’AFFAIRES DE L’IGAD

Des plaidoyers en faveur de l’intégration régionale
2015-02-15 La Nation

La 5ème édition du forum d’affaires de l’IGAD a demarré hier ses travaux au palais du peuplepar le visionnage d’un court métrage au titre évocateur de « Djibouti : une place sûre pour investir ». D’une durée de 20 minutes, le film est une production de la Chambre de Commerce de Djibouti(CCD). Sa projection a inspiré les orateurs qui ont successivement pris la parole au micro de la tribune officielle. Tous se sont déclarés favorables au renforcement du partenariat public-privé et au développement du commerce régional dans l’accélération du processus d’intégration régionale en cours.

On l’avait annoncé. C’est fait depuis hier au palais du peuple où le forum d’affaires de l’IGAD a entamé ses travaux. Conjointement organisé par le Secrétariat Exécutif de l’IGAD et la Chambre de Commerce de Djibouti(CCD), l’événement y était placé sous le patronage du Premier ministre, Abdoulkader Mohamed Kamil.

La 5ème édition de l’IBF, de son acronyme anglais, a réuni sur place plusieurs ministres du gouvernement, des diplomates en poste au pays, des représentants issus des rangs respectifs des partenaires au développement et des chambres consulaires des pays membres de l’IGAD. Tout ce beau monde a visionné un court métrage au titre évocateur de » Djibouti : une place sûre pour investir ». D’une durée de 20 minutes, le film est une production de la CCD. Sa projection a donné au public un aperçu desopportunités d’investissements en République de Djibouti. D’ailleurs, ce plaidoyer en images technicolor a inspiré les orateurs qui ont successivement pris la parole au micro de la tribune officielle. Diverses leçons sont à tirer de leurs interventions respectives.

…L’IBF, une plateforme opérationnelle. Comme l’a rappelé le président de la chambre de commerce de Djibouti, l’IBF, dont il assure aussi la présidence, se veut une plateforme opérationnelle au service de l’intégration régionale. Pour ce faire, elle fédère en son sein depuis 2002 les organisations représentatives des opérateurs privés de Djibouti et de ses voisins de la région. Sa mission première est de promouvoir un partenariat public-privé qui soit propice au renforcement de la coopération économique régionale, au développement des échanges commerciaux entre les pays membres de l’IGAD et au maintien d’une valorisation de leurs potentialités nationales, tous domaines confondus. Autant d’ambitions, qui sont légitimes, alimentent les débats entre les responsables des chambres consulaires formant l’ossature de l’IBF. Hier comme aujourd’hui. Le fait vient traduire une volonté commune des opérateurs privés à s’impliquer aux côtés des gouvernements dans l’amélioration de l’environnement d’affaires au niveau régional. A entendre le président de la CCD, la perspective augure des lendemains meilleurs pour les populations des pays de l’IGAD. Si les sphères de décisions politiques et économiques relèvent de concert les défis qui se posent à notre horizon commun. Citons notamment l’intensification de la libre circulation des biens, des capitaux et des personnes au sein l’espace intracommunautaire, la diversification d’outils de transformation des matières premières, et le réseautage d’infrastructures de transports, d’énergie et de télécommunications. Tout est dit ou presque sur les voies et moyens susceptibles de pérenniser la croissance soutenue des pays de l’IGAD. A ce propos, le président de la CCD, Youssouf Moussa Dawaleh, a émis le souhait de voir l’émergence d’une communauté d’affaires régionale qui soit forte et interconnectée. Il en attend des contributions significatives au processus de création en cours des marchés régionaux à la fois attractifs, dynamiques et sécurisés. Le vœu résume le nouvel élan que la chambre consulaire de Djibouti veut impulser au forum d’affaires de l’IGAD durant ses deux années de présidence.

…Une levée des freins au développement du commerce. C’est du moins aussi la conviction affichée du secrétaire exécutif de l’IGAD. En effet, Mahboub Maalin s’est fait l’avocat d’une plus grande mobilisation des acteurs de l’IBF dans le processus d’intégration régionale. Non sans raison puisque ces derniers sont les porte-voix du secteur privé. Par conséquent, ils doivent plaider la cause de la communauté d’affaires régionale dans le cadre du partenariat public-privé. Il s’agit de stimuler par ce biais le commerce intra régional si l’on suit jusqu’au bout le raisonnement du secrétaire exécutif de l’IGAD. Cette vision des choses s’attire les faveurs de l’Union Européenne(UE). L’ambassadeur et chef de la délégation de l’UE à Djibouti l’a signifié en des termes peu équivoques. Du haut de la tribune, Joseph Silva a confirmé le soutien de l’Exécutif européen au renforcement de l’intégration régionale. Il a réitéré les vifs encouragements de l’UE au forum d’affaires de l’IGAD dans la levée des freins au développement du commerce. Chiffres à l’appui, l’ambassadeur Joseph Silva a mis en exergue les engagements financiers de l’UE, d’un montant de 80 millions d’euros, au profit de l’IGAD et ses Etats membres sur la période 2014-2020. De tels crédits budgétaires vont servir de financements aux programmes visant à promouvoir la paix et la sécurité, accélérer l’intégration régionale et assurer une exploitation responsable des ressources naturelles. Passons. Le diplomate européen a également plaidé en faveur de la relance des négociations autour du partenariat économique entre les pays de l’UE et ceux de la région. Son espoir est de voir les deux parties conclure un accord conforme aux exigences régionales de prospérité partagée. L’argument lui a valu de sensibiliser son auditoire sur l’importance que revêt la sécurisation juridique des investissements créateurs d’emplois.

…Les moyens d’une volonté politique. Le message semblait compris par le ministre de l’Economie et des Finances, chargé de l’Industrie. Ilyas Moussa Dawaleh a martelé avec insistance en anglais l’entière adhésion de la République de Djibouti au processus d’intégration régionale. Pour preuve, les autorités nationales entendent mener à terme le projet de création d’un centre d’arbitrage international sous nos cieux. Et ce en étroite collaboration avec le secteur privé qui se doit de jouer son rôle à cet effet. Le futur centre d’arbitrage est calqué sur le système anglo-saxon de loi commune. Le ministre Ilyas Moussa Dawaleh a qualifié la mise en place de l’entité de « signal fort » du gouvernement dans l’amélioration de l’environnement d’affaires aussi bien national que régional. Rassurant de savoir que le Premier ministre ait réaffirmé l’existence d’une volonté politique au sommet de l’Etat djiboutien dans ce sens. Abdoulkader Mohamed Kamil a défendu la pertinence d’une pleine participation de tous les acteurs du secteur privé au développement national. Passant du particulier au cas général, l’étroite association des opérateurs privés est, a-t-il dit, essentielle dans la réussite de toute politique gouvernementale dans les pays de la région. C’est pourquoi le Premier ministre s’est déclaré favorable au renouvellement des rencontres entre les intervenants de l’IBF. Car leurs dialogues constructifs servent de catalyseurs au développement du commerce régional. Lequel est un formidable levier de rapprochement entre les élites et masses laborieuses des pays de la région. Dans ces conditions réunies, la cohésion et la stabilité régionale s’en trouveront renforcées comme l’a si bien relevé hier le Premier ministre devant l’assistance réunie hier au palais du peuple.