Avis d'Appel d'Offres National

ECONOMIE DJIBOUTIENNE

Gouvernance Economique à Djibouti : Une poursuite des réformes
2015-07-07 La Nation

L’économie djiboutienne reste faiblement diversifiée, avec un secteur informel prédominant. Elle se concentre principalement sur les activités de transports et de services connexes que favorise la position géostratégique du pays dans le Golfe d’Aden, au carrefour de corridors maritimes commerciaux stratégiques pour l’acheminement de biens et de pétrole. La concentration des activités économiques et des emplois à Djibouti-ville, notamment autour du port et des bases militaires étrangères, a favorisé un afflux considérable d’habitants vers la capitale, accéléré par le chômage et les sécheresses. Aujourd’hui, les villes du pays regroupent près de 80 % de la population, et la capitale Djibouti-ville plus de 60 %. Le rythme d’urbanisation est très soutenu et tous les enjeux de développement économique et social se concentrent désormais en tissu urbain. Les autorités ont réalisé que, depuis une vingtaine d’années, le développement et sa durabilité étaient tributaires des efforts à consentir pour remédier aux déséquilibres entre la capitale et les villes régionales.

Avec un taux de croissance de 5.9 % en 2014, l’économie du pays a poursuivi l’accélération observée en 2013 (5 %). Cette dynamique devrait se maintenir dans les années à venir, soutenue par la poursuite d’un vaste programme d’investissements, notamment dans les infrastructures. Ce programme d’investissement, qui vise à transformer le pays en une plateforme régionale de services commerciaux, logistiques et financiers, traduit un tournant radical de l’économie nationale. Le taux de croissance attendu en 2015 est de 6 %. Le vaste programme d’infrastructures qui soutient cette croissance est tiré par l’augmentation de l’activité portuaire et des investissements directs étrangers (IDE). L’essentiel des activités portuaires provient du transit de marchandises en provenance et à destination de l’Éthiopie. L’afflux des IDE dans le pays se concentre dans les infrastructures portuaires, routières, immobilières et hôtelières. Les IDE ont représenté 18.6 % du PIB en 2013, un niveau record. Le pays n’avance que lentement au plan de la gouvernance économique et financière. Les finances publiques ont enregistré en 2013 un déficit représentant 3.1 % du PIB, contre 1.1 % en 2011 et 2.7 % en 2012. En 2014, ce déficit est resté élevé, soit 2.6 % du PIB. La position extérieure de Djibouti reste fragile en raison des déficits de la balance commerciale et du compte courant. La balance commerciale du pays est structurellement déficitaire et le déficit commercial a continué à se creuser en 2014. Le niveau d’endettement demeure critique et place Djibouti en risque élevé de surendettement. L’économie reste faiblement diversifiée, avec un secteur informel prédominant. Elle se concentre principalement sur les activités de transports et de services connexes que favorise la position géostratégique du pays dans le Golfe d’Aden, au carrefour de corridors maritimes commerciaux stratégiques pour l’acheminement de biens et de pétrole. La concentration des activités économiques et des emplois à Djibouti-ville, notamment autour du port et des bases militaires étrangères, a favorisé un afflux considérable d’habitants vers la capitale, accéléré par le chômage et les sécheresses. Aujourd’hui, les villes du pays regroupent près de 80 % de la population, et la capitale Djibouti-ville plus de 60 %. Le rythme d’urbanisation est très soutenu et tous les enjeux de développement économique et social se concentrent désormais en tissu urbain. Les autorités ont réalisé que, depuis une vingtaine d’années, le développement et sa durabilité étaient tributaires des efforts à consentir pour remédier aux déséquilibres entre la capitale et les villes régionales.

…Secteur privé L’environnement du climat des affaires n’a pas évolué en 2014 et reste en butte à des entraves, comme le relève Doing Business, le rapport annuel de la Banque mondiale sur la facilité des affaires, dans son édition 2015. Le pays se positionne ainsi, en juin 2014, à la 155e place du classement général sur les 189 économies étudiées, perdant une place par rapport à 2013 mais en en gagnant 17 par rapport à 2012 (172e). Pour le critère « création d’entreprise », Djibouti pointe dans le bas du classement, à la 163e place. Pour le « commerce transfrontalier » et le « paiement des taxes et impôts », le pays affiche de bonnes performances, en se positionnant respectivement à la 56e et 75e place. Par contre, l’activité du secteur privé reste confrontée à des difficultés en matière de « protection des investisseurs minoritaires » (162e place), d’accès au crédit (180e place), d’« exécution des contrats » (171e) et de « raccordement à l’électricité » (176e). La poursuite des réformes devrait permettre d’améliorer la relation entre les entreprises privées et l’administration, encore caractérisée par un climat de défiance mutuelle. Par ailleurs, la transparence du système national de passation des marchés permettra de renforcer sa crédibilité tant vis-à-vis des acteurs nationaux (secteur privé et société civile) qu’auprès des partenaires techniques et financiers. Le coût élevé des facteurs de production liés à l’énergie et à l’eau, en plus du problème de leur disponibilité, freine le développement du secteur privé. La mise en œuvre du programme d’infrastructures publiques contribuera à court terme à accroître significativement le volume des activités du secteur privé. Les projets dans les secteurs de la production et de l’acheminement d’eau et d’électricité permettront de réduire les contraintes structurelles du pays et d’alléger le coût des facteurs de production. Ils jetteront également les fondements d’une diversification des activités économiques du pays. Parmi les secteurs porteurs en termes de croissance et d’emplois identifiés en 2012 (tourisme, pêche, transports, activités logistiques et télécommunications), seules les activités portuaires se sont développées depuis. La construction de deux ports spécialisés pour l’exportation de potasse et de sel se poursuit depuis 2013.

…Secteur financier La banque centrale de Djibouti a poursuivi les réformes initiées sous l’égide du FMI pour renforcer la supervision et la régulation bancaire, avec la promulgation de deux nouvelles instructions en 2013 portant sur le calcul des coefficients de liquidité et sur la régulation du changement de situation des établissements de crédit. Les autorités élaborent par ailleurs un projet de modernisation du système des paiements et un système d’historique de crédit. Les deux banques principales (BOA-Mer Rouge et Banque pour le commerce et l’industrie-Mer Rouge) rassemblent 85 % des actifs. Le secteur financier s’est rapidement développé entre 2006 et 2012, passant de deux institutions financières à onze. Bien que très concentré, il est resté stable et sain en 2013 et 2014. Il présente cependant des vulnérabilités comme en atteste la détérioration de certains indicateurs.

Ainsi, la part des prêts non performants a continué d’augmenter en 2013 pour atteindre près de 13 %, contre 11.4 % en 2012 et 9.4 % en 2011. En 2012, le ratio d’adéquation des fonds propres était de 11.7 %, soit au-dessus de la barre réglementaire de 10 % fixée par la régulation. Le seuil du ratio a été relevé à 12 % en 2013. Sur les onze banques en activité, seules quatre ne s’y étaient pas conformées en 2013 et sont rentrée dans le rang en 2014. Certains établissements dépassent toujours la limite d’exposition à un seul emprunteur, bien que celle-ci eût été abaissée en 2012 à 25 % des capitaux nets, contre 50 % précédemment. Enfin, le rendement des capitaux propres a diminué, atteignant 21 % en 2013 contre 28 % en 2012, et les actifs liquides se sont réduits à 48 % du total des actifs en 2013 contre plus de 60 % en 2012. L’arrivée de nouvelles banques a permis l’introduction de nouveaux produits et services financiers, dont l’éventail reste toutefois limité. Il est en de même pour le financement de l’activité domestique, qui se concentre sur des projets de grande ampleur liés aux activités de commerce ou sur les activités immobilières. L’accès des entreprises au crédit, notamment des petites et moyennes entreprises ou industries (PME et PMI), reste limité. Le secteur de la micofinance s’est développé ces dernières années. Les dispositifs existant ont fusionné pour donner naissance à un système de caisse d’épargne mutuelle, fournissant des services financiers de base aux populations exclues du système bancaire. Cependant, la principale entité de micofinance djiboutienne a été placée sous administration provisoire de la Banque centrale depuis 2013 à la suite de la dégradation de ses performances. Une série de mesures a été ordonnée par la Banque centrale portant sur la standardisation des procédures, le contrôle interne, la gestion du portefeuille ainsi que les systèmes et outils de gestion.

Secteur public Le secteur public continue de jouer un rôle prépondérant dans l’économie du pays. Le travail de réforme de l’État initié en 2012 a conduit, par le recensement des entreprises publiques, à identifier 49 établissements en 2013, contre 44 auparavant. La réforme amorcée avec la restructuration des ministères vise à améliorer l’efficacité du fonctionnement de l’administration publique. Néanmoins, différentes évaluations de la gouvernance telles que l’Indice Ibrahim de la gouvernance africaine (IIGA) ou celui de Transparency International sur la perception de la corruption témoignent de l’importance des défis en la matière. D’une manière générale, Djibouti pâtit de la faible efficacité et qualité de ses services publics. Des retards sur le paiement des salaires sont encore régulièrement enregistrés, ce qui nuit à la productivité des agents de l’État et à l’efficacité du service. Selon l’IIAG 2014, Djibouti se classe à la 35e position sur 52 pays considérés. Ces résultats sont corroborés par le classement de Transparency International qui place Djibouti au 94e rang sur 177 pays en 2014. Parmi les principaux axes de réforme figurent l’élaboration de manuels de procédures pour harmoniser la gestion des ministères et le renforcement des capacités des fonctionnaires via un programme de formation ; la modernisation des systèmes avec mise en réseau des services des impôts, du Trésor et de la douane ; ainsi que l’établissement de contrats de performance avec les établissements publics. Une première stratégie de réforme de l’État avait déjà été approuvée en 2002 mais n’avait connu qu’une mise en œuvre limitée. Par ailleurs, dans le cadre du programme FEC (facilité élargie de crédit) 2008-12 négocié avec le FMI, l’État avait entrepris des réformes structurelles concernant la fiscalité, le développement du secteur financier et la supervision bancaire.