POLITIQUE MONÉTAIRE A DJIBOUTI

Un régime de change favorable
2015-07-14 ADI

Les autorités nationales souhaitent tirer parti du régime de change favorable, dans lequel la conversion du franc djiboutien dans toutes les devises et les mouvements de capitaux sont libres, pour faire de Djibouti une place financière attrayante pour les pays de la région. La monnaie nationale, le franc djiboutien (DJF), est arrimée au dollar américain par une parité fixe, inchangée depuis 1973, au taux de 177 721 DJF pour un dollar. Afin de garantir cette parité, les autorités ont maintenu en 2013 un taux de couverture en devises étrangères de plus de 105 % de la monnaie en circulation. Mais ce régime ne permet pas de mettre en oeuvre une politique monétaire ou une politique de change active. Les autorités djiboutiennes envisagent depuis 2010 d’introduire un mécanisme de réserves obligatoires dans le cadre de programmes avec le FMI afin de disposer d’un instrument de gestion de la liquidité. Les autorités nationales souhaitent tirer parti du régime de change favorable, dans lequel la conversion du franc djiboutien dans toutes les devises et les mouvements de capitaux sont libres, pour faire de Djibouti une place financière attrayante pour les pays de la région. La privatisation partielle du capital du port de Djibouti a par ailleurs eu pour corollaire une forte croissance des avoirs extérieurs de la banque centrale, qui ont augmenté de 74.5 % par rapport à leur niveau de 2012. Le niveau des réserves internationales a atteint 365 millions USD en 2013 contre 234 millions USD à la fin de l’année 2012, ce qui a représenté 4.9 mois d’importations de biens et services en 2013 contre 3.4 mois en 2012. Le volume de crédit à l’économie a progressé de près de 14 % entre 2012 et 2013, après la stagnation observée entre 2011 et 2012. L’inflation a été de 3.6 % en 2014 contre 2.4 % en 2013, avec une prévision de 3.0 % en 2015. L’inflation est sensible aux variations des prix des principales importations du pays, à savoir les produits alimentaires et pétroliers. La modération de l’inflation observée ces dernières années s’explique par une baisse des prix des produits alimentaires et de l’indice regroupant les prix des services fournis par le secteur public tels que l’eau, l’électricité, le gaz et autres combustibles. Elle est également liée à l’exploitation par l’État djiboutien de fermes agricoles en Éthiopie et au Soudan afin de limiter la dépendance du pays aux importations de produits alimentaires de base. Des stocks de produits de base sont régulièrement constitués pour être revendus sur le marché domestique à des prix contrôlés. Par ailleurs, la mise en service en 2011 d’une ligne d’interconnexion électrique entre l’Éthiopie et Djibouti permet d’importer de l’électricité à bon prix, et de réduire les importations pétrolières destinées à alimenter les centrales électriques thermiques du pays.