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Mission de consultation du FMI à Djibouti : Mohamed El Qorchi, Directeur adjoint du FMI
2015-09-20 La Nation

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« L’ensemble des indicateurs macroéconomiques sont au vert et la croissance est à 6.5 % en 2015 »

Conformément à son Article IV, une mission du FMI vient de séjourner dans notre pays pour mener une consultation avec les autorités du pays. C’est lors d’une conférence de presse organisée hier au siège de la Banque Centrale de Djibouti, que le chef de la délégation du FMI, M. Mohammed El Qorchi, Directeur adjoint du FMI en charge du Département Moyen Orient et Asie Centrale, nous a livré les conclusions de ses consultations avec les autorités djiboutiennes. Nous vous proposons la quintessence de sa déclaration.

Le titre IV des statuts du FMI prévoit des consultations annuelles avec les pays membres de l’institution. C’est dans ce cadre qu’une mission du FMI vient d’achever ses travaux de consultations avec les autorités djiboutiennes.

Le chef de la mission, Mohamed El Qorchi, a déclaré avoir mené à bien les activités prévues dans le cadre de la surveillance bilatérale. Il a affirmé en outre que les discussions entre la mission d’experts et les autorités publiques se sont déroulées dans un climat de franchise et les deux parties ont partagé les mêmes points de vue sur l’ensemble des domaines et des sujets qui ont fait l’objet de la revue. En outre, le chef de mission a précisé qu’un rapport faisant le résumé des appréciations et les points de vue des autorités djiboutiennes sera préparé et soumis au Conseil d’Administration du FMI dans deux à trois mois. « L’évaluation d’ensemble effectuée au cours de cette mission, il a été dressé un constat édifiant sur la situation économique à Djibouti. La croissance en 2014 a été évaluée à 6% et on s’attend à un taux de 6.5 % en 2015 alors que l’inflation est restée sous contrôle, à un niveau très raisonnable. Djibouti accueille d’un ensemble de projets d’investissements. Les investissements ont atteint un niveau très important. En raison du taux d’exécution de ces projets qui a été plus rapide que prévu. Et qui dit investissements dit en même temps plus d’importations. Et comme ces investissements sont d’abord des investissements publics, ils se reflètent directement sur le budget de l’Etat et la balance des paiements. Ces projets sont financés pour la plupart par la dette extérieure, et ils vont générer des paiements d’intérêts à court terme. Par ailleurs, comme ce sont des prêts qui ont des périodes de grâce, le paiement du principal ne viendra que par la suite, à partir de 2019. Il s’agit essentiellement des projets de chemin de fer et d’adduction d’eau entre autres bien sûr, car il y a d’autres projets tout aussi importants, notamment le dessalement de l’eau, l’extension du Port Multipurpose, etc. Avec les autorités publiques, nous avons pu évaluer l’impact sur les données macroéconomiques et nous avons commencé des discussions sur une série de programmes. A commencer par la réforme fiscale, la phase de conception de la politique fiscale est achevée et au stade actuel, le temps est à la mise en œuvre.

Les discussions ont porté également sur la réforme des entreprises publiques qui sont indispensables pour que les projets d’investissements puissent avoir un effet positif sur la population. En même temps, permettre la diversification économique souhaitée par Djibouti. Pour pouvoir toucher les secteurs créateurs d’emploi, les discussions ont porté sur la mise en œuvre de ces projets et comment faire en sorte que ces projets puissent atteindre leurs objectifs rapidement ? La réforme des entreprises publiques et la réduction des coûts des facteurs de production sont indispensables pour mener à bien le développement des Ets privés et attirer les entreprises étrangères. La dette extérieure et comment limiter son impact sur le budget a également été au cœur de nos échanges. Par ailleurs, nous avons étudié comment renforcer la vitalité du secteur financier à travers la réserve bancaire et une plus grande inclusion financière en permettant notamment à plus de Djiboutiens de posséder des comptes bancaires afin de doper l’épargne des ménages qui doit financer l’économie nationale. »

A l’issue de son intervention, le chef de mission a répondu aux questions des journalistes qui ont tourné essentiellement autour de la réforme fiscale, la dette extérieure et sa soutenabilité budgétaire, la croissance inclusive et la stabilité et le développement Financier, et enfin la Compétitivité Extérieure. Comment créer plus d’emplois et mieux redistribuer les fruits de cette croissance ? Comment donner à la croissance un caractère inclusif qui génère des opportunités nouvelles et diversifie l’économie ? Comment produire plus de richesse et de ressources pour subvenir aux besoins des couches les plus déshéritées ? Ce sont là l’essentiel des questions auxquelles le chef de la Mission du FMI a dû répondre devant les professionnels des médias.