L'Euro

Sortie de l'euro: qui est pour, qui est contre ?
2017-03-30 Le Figaro

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Hamon, Mélenchon, Le Pen, Fillon ou Macron ont tous des visions différentes de l'Europe, et donc, de l'euro. Le Figaro a analysé et comparé leurs propositions. «Sortir de l'euro serait masochiste, voire suicidaire: nos concitoyens n'y consentiront pas», confiait Pierre Moscovici, commissaire européen dans Le Point du 16 février 2017. Et pourtant... C'est Joseph Stiglitz, prix Nobel d'économie, qui, dans son livre «L'Euro, comment la monnaie unique menace l'avenir de l'Europe», envisage cette option. Selon l'économiste, le seul moyen de renforcer la zone euro serait plus d'intégration économique et politique mais selon lui, «il est peu probable qu'il y aura des progrès suffisants pour entreprendre les profondes réformes de structure de la zone euro à une vitesse suffisante». D'où une solution de divorce à l'amiable et de scission de la zone euro. Mais la sortie de l'euro est crainte par de nombreux économistes: selon l'Institut Montaigne, elle détruirait 500.000 emplois et coûterait 180 milliards d'euros.

Des chiffres balayés par Marine Le Pen, qui a fait de la sortie de l'euro l'une de ses principales propositions économiques. Dans sa proposition 35, la présidente du Front national propose de rétablir une «monnaie nationale adaptée à notre économie». Jean-Luc Mélenchon se rapproche aussi d'une sortie de la zone euro. Le leader de la France insoumise pose un ultimatum: la mise en place d'un plan A. Et s'il échoue? Un plan B. Le plan A, «c'est la sortie concertée des traités européens par l'abandon des règles existantes pour tous les pays qui le souhaitent et la négociation d'autres règles». Dans cette refonte européenne, il propose: la fin de l'indépendance de la Banque centrale européenne, la dévaluation de l'euro pour revenir à la parité initiale avec le dollar, la mise au pas de la finance avec l'interdiction d'instruments financiers toxiques et le contrôle des mouvements de capitaux, l'arrêt de la libéralisation des services publics, la mise en place d'un protectionnisme solidaire (aides aux secteus stratégiques et arrêt des politiques de libre-échange)... Si le plan A échoue, alors Jean-Luc Mélenchon propose la sortie des traités européens unilatérale par la France pour proposer d'autres coopérations. «L'UE, on la change ou on la quitte», peut-on lire sur le site de L'avenir en commun, site du programme du mouvement du candidat. Est néanmoins précisé que «la validation de ce processus passera nécessairement par une décision du peuple français par référendum». Play Video Pas de remise en question de la zone euro du côté d'Emmanuel Macron. Au contraire, pour ce dernier, «il faut avancer sur la convergence fiscale et sociale, avec un budget qui permette de répondre aux crises et d'investir, un exécutif et un Parlement de la zone euro», disait-il dans Libération au lendemain du premier débat télévisé de la présidentielle. Chez Benoît Hamon, on veut démocratiser le gouvernement économique de la zone euro pour la croissance durable et l'emploi, on souhaite l'harmonisation fiscale et sociale et des objectifs partagés de réduction des déficits. «Pour y parvenir, nous avons besoin d'un nouveau traité budgétaire», lit-on dans le programme du candidat. Bref, l'objectif est de renforcer la zone euro pour sauver l'Union européenne. Enfin chez François Fillon, on trouve un désir de souveraineté au niveau européen. Le candidat Les Républicains ne prône pas la sortie de l'euro, mais cherche à faire de cette monnaie un véritable outil de souveraineté. Pour cela, François Fillon propose, notamment, de «doter la zone Euro d'un directoire politique, composé de chefs de gouvernement se réunissant tous les trois mois» mais aussi de faire de l'Euro une monnaie de réserve et de règlement à égalité avec le dollar américain, de «coordonner la politique de la Banque centrale européenne avec une stratégie économique globale» et de créer, à terme, une fois la convergence fiscale achevée, un Trésor européen avec une mise en commun des dettes.