Journée Nationale de la Solidarité

« Il faut faire plus. Il faut faire mieux »
2012-01-15 La Nation n°11

Gpgvp7knwfzu6midqem8%3d&expires=1524512244

La solidarité nationale tient à cœur le Président de la République, M. Ismaïl Omar Guelleh, qui est le principal instigateur de l’initiative nationale de développement social(INDS). En témoigne les propos salvateurs que le chef de l’Etat a tenus devant l’auditoire regroupé jeudi dernier au palace Kempinski lors de la ceremonie commémorative de la journée de la solidarité nationale. Voici reproduite ci-dessous l’intervention du Président de la République dans son intégralité.

Peuple djiboutien, c’est de conduire ce pays et son peuple sur le chemin de la prospérité. Et sur ce chemin-là, il est également un devoir : celui de ne laisser personne sur le bord de la route.

La prise en compte du plus grand nombre, notamment les citoyens les plus vulnérables dans la formulation des politiques économiques et sociales étant essentielles, nous avons mis en place, en 2007, l’Initiative Nationale pour le Développement Social, un cadre englobant toutes les stratégies nationales et visant à harmoniser et surtout, à rationaliser les efforts de la Nation.

Par la suite, nous avons choisi de créer un cadre institutionnel particulièrement dédié à la solidarité nationale qui s’articule autour d’actions ciblées en faveur des populations vulnérables.

Quatre ans après sa création, il y a lieu de saluer les avancées significatives enregistrées par le Secrétariat d’Etat à la Solidarité en matière de lutte contre la pauvreté. Cependant, cela ne doit pas occulter la réalité ni la persistance du problème qui fait qu’aujourd’hui la pauvreté n’est plus à la périphérie de la ville.

Elle n’est plus géographique, elle n’est plus l’apanage des populations rurales, victimes des aléas climatiques. Elle ne se définie plus seulement en terme d’accès aux infrastructures de base.

Elle est devenue essentiellement économique. Aujourd’hui, il existe des travailleurs pauvres à Djibouti. Des familles avec un revenu n’arrivent plus à se nourrir. Des personnes âgées se retrouvent sans aucun moyen de subsistance. Tout cela nous rappelle que nos efforts ne peuvent pas faiblir, ne doivent pas faiblir.

Il faut faire plus. Il faut faire mieux. Pour cela, nous avons diligenté la première véritable enquête permettant de cerner les dimensions multiformes de la pauvreté à Djibouti afin d’en établir le profil exact.

Les résultats permettront d’établir une véritable carte de la pauvreté mais aussi et surtout de déterminer les besoins réels de nos populations vulnérables.

Ainsi, en termes de riposte, un programme élargi de filets sociaux sera bientôt mis en œuvre par le Secrétariat d’Etat à la Solidarité. Il comprendra, entre autres, des mesures visant à atténuer directement les coûts du quotidien, qu’il s’agisse des produits alimentaires de base, des frais scolaires, ou de ceux de la santé.

Ces mesures de solidarité ne sont qu’une des étapes pour affranchir nos populations du fléau de la pauvreté et même si elles demeurent déterminantes, nous devons garder à l’esprit qu’elles ne doivent pas être une fin en soi.

Le but n’étant pas de maintenir ces populations dans l’assistance mais plutôt d’augmenter leur résilience et leur offrir plus d’opportunités afin qu’elles puissent redevenir des membres productifs à part entière de notre société. Tout est fait pour aller dans ce sens.

Récemment encore, l’État procédait à la revalorisation des bas salaires, avec un salaire minimum passant du simple au double et ce dans le souci permanent de soutenir une frange importante de la population qui peinait à faire face au cout de la vie.

D’autres réformes importantes sont à venir parmi lesquelles la réforme de la protection sociale par l’instauration d’une assurance maladie qui permettra à terme de couvrir les besoins essentiels de santé de notre population.

Je tiens donc à rappeler, bien que le Secrétariat D’État à la Solidarité soit la principale institution en charge de la question, il n’a pas vocation à œuvrer seul dans ce domaine. Au contraire.

Si nous voulons remporter la bataille de l’efficience et de l’efficacité, nos actions doivent être planifiées et exécutées de manière ciblée et coordonnée. Pour ce faire, j’invite chaque institution à prendre la pleine mesure de sa contribution.

J’attends donc de chaque ministère et institution publique, des objectifs nationaux chiffrés quant à leur contribution à l’effort national de lutte contre la pauvreté.

À titre d’exemple, l’Etat a investi sur fonds propres pas moins de 3 milliards de nos francs pour permettre à des citoyens d’accéder à l’eau potable, à l’électricité aux services sociaux de base mais également de pouvoir créer des activités génératrices de revenus.

Néanmoins, nous ne disposons d’aucun chiffre quant au nombre de personnes sorties réellement de la pauvreté par le biais de ces programmes.

Je veux dire par là qu’il est impératif de quantifier nos efforts afin que nous puissions évaluer l’impact réel de nos politiques sociales et les progrès qui en résultent.

Combien de ménages avons nous aidés à mieux vivre ? Combien de jeunes avons-nous sortis du chômage ?

Combien de personnes handicapées avons-nous autonomisées ? C’est à ces questions et à beaucoup d’autres auxquelles nous devons trouver des réponses. Des réponses intelligentes, innovantes et adéquates qui engagent chacun d’entre nous.