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« Notre objectif est de créer de la valeur ajoutée »
2016-05-25 ADI

Une délégation d’hommes d’affaires français désirant s’implanter à Djibouti a eu au cours des cinq derniers jours une série d’entretiens avec de hauts responsables djiboutiens. Le chef de cette délégation, Bruno Léonard, accompagné de son adjoint Thierry Gressier et d’un autre responsable de G3S, le Franco-djiboutien Houssein Mohamed Aden, a bien voulu accepter de répondre aux questions de La Nation. Bruno Léonard est à la tête d’une filiale du Groupe G3S, une entreprise familiale française qui compte plus de 5 000 salariés avec un chiffre d’affaires, en 2015, de 320 millions d’Euros. Cette société spécialisée dans la gestion des services aéroportuaires et dans la sûreté des chaines logistiques portuaires, nourrit l’ambition de développer ses activités au niveau international. D’où la mission de travail de M. Léonard à Djibouti. « Nous avons choisi un certain nombre de pays qui ont des potentiels. Et Djibouti en fait partie », a-t-il dit à La Nation. Entretien.

La Nation : Quel est le but de votre séjour à Djibouti ?

Bruno Leonard : Tout d’abord, merci au quotidien « La Nation » de nous permettre d’expliquer aux Djiboutiens le but de notre mission à Djibouti. C’est la première fois que je viens à Djibouti, un pays qui, il est vrai, est très chaud mais qui bouge. Si je reviens à votre question, cette première mission était une mission de prise de contact. Je représente un groupe dénommé G3S, spécialisé dans la gestion de l’ensemble des services aéroportuaires et dans la sûreté des chaines logistiques portuaires. Nous sommes venus présenter nos capacités et nos agréments internationaux aux autorités djiboutiennes car nous sommes persuadés que l’expansion actuelle à Djibouti en termes d’infrastructures portuaires et aéroportuaires est extrêmement porteuse.

La Nation : Il est rare de croiser à Djibouti un investisseur privé français. Les Djiboutiens estiment que les français boudent leur pays, alors que les Chinois, eux, sont très présents. Pensez vous que si Djibouti n’attire plus les investisseurs français, c’est par manque de confiance ?

BL : Ecoutez, si de grands groupes français ont décidé de quitter Djibouti ou de ne pas y investir, c’est vraiment dommage pour eux. Nous, on croit le contraire. Sinon nous ne serions pas là. Notre mission à Djibouti traduit la volonté du groupe G3S de développer ses activités au niveau international. Nous avons choisi un certain nombre de pays qui ont des potentiels. Et Djibouti en fait partie. Je m’inscris donc au contraire de ceux que vous venez de citer.

La Nation : Votre groupe est-il déjà présent dans d’autres pays d’Afrique ?

BL : Nous espérons prochainement démarrer des projets dans plusieurs pays africains. En revanche, je vais vous parler d’un grand projet qu’on mène depuis deux ans au Sénégal. Nous sommes en charge de la mise en sûreté de l’ensemble de la chaine logistique portuaire sénégalaise. Un contrat de 10 ans (2013/2023) a été signé en ce sens entre G3S Sénégal, qui est une filiale du groupe G3S, et le port du Sénégal. J’aimerais d’ailleurs souligner que le port du Sénégal détient 20 % du capital de G3S Sénégal. Nous assurons notamment la formation du personnel (cadres ou employés) et nous consentons à l’investissement pour l’ensemble des matériels de sûreté (vidéosurveillances, appareils de contrôles, appareils de télécommunications modernes, véhicules de patrouilles etc.). Quand nous avons signé ce contrat en 2013, le port autonome de Dakar était sous la menace de sanctions américaines. Au fait, un audit des US Cost Guard avait déclaré le pays peu sûr. Notre mission était de faire sauter cette menace le plus rapidement possible. Et six mois après, les US Cost Guards ont suspendu la menace, considérant qu’un effort avait été fait. Aujourd’hui, après un quatrième audit, les mêmes US Cost Guards viennent de déclarer Dakar le port le plus sûr de l’Afrique de l’Ouest. Voilà un exemple concret de nos résultats et de notre efficacité.

La Nation : Après les entretiens que vous venez d’avoir avec les autorités djiboutiennes, êtes-vous optimistes quant à l’aboutissement d’un partenariat entre G3S et les ports de Djibouti ?

BL : Nous sommes confiants des résultats de notre mission à Djibouti. Cela se traduira par des propositions que nous adresserons prochainement au président de l’Autorité des ports et des Zones Franches. Bien sûr, nous espérons que ces propositions seront la clé d’un partenariat fructueux. J’aimerais souligner un point essentiel : notre objectif n’est pas de venir piquer le boulot des autres, mais bien de créer de la valeur ajoutée.