Avis d'Appel d'Offres National

Asie

Cette nuit en Asie : fonds souverain au japon, inflation en Chine, guerre des terres rares, Wang Lijun a disparu...
2012-02-09 Les Echos

Face au yen fort, Tokyo envisage la création d'un fonds souverain

Le premier ministre nippon, Yoshihiko Noda, a indiqué ce matin, devant le Parlement, qu'il allait étudier le projet de création d'un fonds souverain japonais, avancé par les cadres de son propre parti. Les experts du DPJ expliquent que cette nouvelle institution, qui serait alimentée en partie par les réserves de change, contribuerait à freiner le renchérissement du yen qui fait souffrir ses exportateurs en pesant sur la compétitivité des produits « made in japan ».

En multipliant les achats d'actifs à l'étranger, le fonds profiterait immédiatement de la force de la monnaie nippone tout en limitant à la marge le rythme de sa progression. « Je voudrais étudier cette idée », a concédé le chef du gouvernement avant de laisser entendre qu'il ne souhaitait toutefois pas que l'actuel Fonds de pension du pays, qui réalise déjà de larges investissements, se voie attribuer cette mission spécifique de lutte contre un yen fort. Rebond de l'inflation en Chine

La hausse des prix, qui s'était assagie depuis juillet dernier, a connu un léger rebond en Chine en janvier. Alors qu'elle était de 4,1% sur un an en décembre, elle s'est établie à 4,5% en janvier. Même si les analystes s'attendaient à ce que le boom des ventes liés au nouvel an chinois ait un effet haussier sur les prix, ils anticipaient majoritairement un chiffre moindre.

Si ce renversement de tendance devait se confirmer, il constituerait une sérieuse épine dans le pied des autorités, confrontées à un ralentissement conjoncturel, et tentées de ce fait de relâcher la pression sur le plan monétaire. Mais la plupart des économistes estiment que précisément, les vents contraires qu'affronte actuellement l'économie chinoise -crise de la zone euro et baisse substantielle du marché immobilier-devraient empêcher un nouveau dérapage des prix dans les mois prochains. Le Japon va casser sa dépendance aux terres rares chinoises

Le ministère japonais de l'Industrie a indiqué, hier soir, qu'il allait débloquer sur deux ans 5 milliards de yens (50 millions d'euros) pour financer 49 projets expérimentaux cherchant à réduire la consommation de terres rares dans les productions des entreprises nippones. Il va ainsi financer des recherches faites par des industriels de l'automobile qui travaillent notamment sur la conception de moteurs peu gourmands en dysprosium mais également des sociétés développant des procédés de recyclage de ces éléments devenus clés dans plusieurs secteurs high-tech.

Tokyo espère que ces expérimentations permettront, à moyen terme, au pays de casser sa dépendance à son fournisseur chinois, qui produit actuellement 95% des terres rares de la planète mais filtre, au gré de ses objectifs politiques, ses livraisons à l'étranger. Mais où est donc Wang Lijun ?

Cet officiel chinois connu dans tout le pays est officiellement en congé « thérapeutique » pour des raisons « nerveuses ». Cet homme controversé doit sa notoriété à l'opération mains propres qu'il a organisée dans la ville de Chongqing. Opération musclée, faite parfois au mépris du droit, mais que ce responsable de la police locale a menée avec succès, débarrassant en partie la mégapole centrale chinoise de ses mafias. La mise à l'écart de cette figure anime le web chinois, qui bruisse de rumeurs sur la signification qu'elle pourrait avoir au niveau national.

Car Chongqing n'est pas une ville comme les autres : elle est dirigée par Bo Xilai, ambitieux homme politique qui a fait du retour aux valeurs maoïstes le coeur de sa stratégie et s'est positionné, en vue du prochain remaniement à la tête de l'Etat, comme le chef de file de l'aile conservatrice à forte composante sociale. L'éviction de l'un de ses principaux alliés est-elle le prélude à une période de troubles pour Bo Xilai ? Signifie-t-elle, au contraire, que dans son combat contre la corruption, il a mis le doigt sur des affaires trop gênantes ? Une chose est sûre : la réorganisation politique nationale qui se prépare occasionne à l'évidence en coulisses des luttes de pouvoir féroces. Lenovo défie le ralentissement du marché des ordinateurs

Alors que deux de ses principaux concurrents, Hewlett-Packard et Acer, sont à la peine compte tenu de la concurrence que représentent les tablettes et les smartphones, le fabricant chinois de PC, Lenovo, vient de publier de très bons résultats pour le dernier trimestre 2011. Sur cette période, ses profits nets se sont établis à 153 millions de dollars, contre 99,7 millions un an plus tôt. La croissance de la Chine est une des raisons de cette performance : les ventes dans la deuxième économie mondiale sont en hausse de 30% sur un an et représentent désormais 42% du chiffre d'affaires du groupe, à 3,5 milliards de dollars.

Mais le groupe, grâce à des acquisitions en Allemagne et au Japon ainsi qu'à la bonne tenue du marché des entreprises aux Etats-Unis, a également vu ses ventes bondir de 81% dans les pays développés, à 3,6 milliards de dollars. D'après les recherches d'IDC, Lenovo aurait ainsi vu sa part de marché mondiale passer de 10,3% à 14% en un an tandis que HP dérapait de 19,4% à 16,3%. Parmi les quatre leaders mondiaux, seuls Lenovo et Dell voient leur part de marché progresser. Numéro deux mondial, Lenovo vise la première marche du podium. Nouvelle acquisition en Occident pour le chimiste thaïlandais Indorama

Le groupe thaïlandais Indorama Ventures, spécialisé dans la production de polyéthylène téréphtalate (PET) et d'acide téréphtalique (PTA), a confirmé, hier soir, qu'il allait prendre le contrôle, pour 795 millions de dollars, du groupe texan Old World Industries qui gère la plus grande usine américaine de production d'éthylène glycol et d'oxyde d'éthylène. Encouragé par le renchérissement du baht, Indorama a récemment multiplié les acquisitions en Occident. Le groupe chimique avait racheté en septembre dernier les activités de recyclage de produits plastique de l'Européen Wellman. Quelques mois plus tôt, il avait repris des actifs en Pologne.