IBSA 2016

5ieme sommets africains de la finance islamique
2016-11-03 La Nation

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Le point avec… M. Ahmed Osman Ali Gouverneur de la Banque centrale de Djibouti

« L’expansion de la finance islamique à Djibouti n’est pas un phénomène isolé, mais s’inscrit en réalité dans un environnement où l’ensemble du secteur financier djiboutien connait un essor sans précédent. En dix ans seulement le secteur s’est profondément métamorphosé, en s’intensifiant par le nombre d’opérateurs et d’activités financières. De 2 banques et 5 auxiliaires financiers en 2006, ce secteur est passé à 34 institutions financières, avec 10 banques, 20 agences de change et de transfert de fonds, 3 institutions de micro-finance et 1 fond étatique de financement des entreprises pour une population d’un peu moins d’un million d’habitants. Ainsi, en rapport avec l’accroissement considérable du nombre d’opérateurs financiers et des activités bancaires, tous les agrégats monétaires ne cessent d’augmenter à un rythme soutenu comme le démontrent les chiffres : La masse monétaire à crû de 295% entre 2006 et septembre 2016, en passant de 103 milliards Fdj à 300 Milliards de Fdj. Les Dépôts collectés par les banques ont grimpé de 90 Milliards Fdj à 285 Milliards en septembre 2016, soit une hausse de 317 %. Les Crédits octroyés sont, pour leur part, passé de 21 Milliards Fdj en 2006 à 95.4 Milliards en 2016, soit une progression de 454%. (…) Au nombre de trois actuellement, les banques islamiques ont vu leurs activités, ainsi que leurs parts de marché croitre rapidement grâce à leur capacité d’adaptation et d’innovation pour répondre à la demande du marché. En termes de poids, les actifs des banques islamiques représentent aujourd’hui avec 58 Milliards de nos francs 16.2 % de l’actif bancaire total, contre seulement 1.2 % en 2006. (…) Pour notre part, nous avons appuyé le développement des activités bancaires islamiques à Djibouti, à l’initiative d’une des banques islamiques de la place, j’ai nommé la Salam African Bank, en collaboration avec le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche et l’université de Djibouti ; Cette noble initiative mérite d’être saluée et appréciée à sa juste valeur.

La parole à…Ali Daoud Houmed Chef du département de la supervision bancaire à la BCD. Invité du journal de 15 heures hier sur la chaine nationale, M. Ali Daoud Houmed, a d’abord rappelé les objectifs du 5e forum de la finance islamique qui doit « servir de plateforme de haut niveau à toutes les parties prenantes » a-t-il dit. Il a indiqué la participation d’une trentaine de banquiers et d’hommes affaires et dirigeants d’institutions financières internationales, mais aussi des gouverneurs et vice-gouverneurs de banques centrales… etc. Puis, il a largement commenté l’évolution de la finance islamique dans le pays. « Sur les 285 milliards de francs Djibouti que constituent les dépôts à Djibouti, les banques islamiques hébergent 40%, ce qui équivaut à 14, 3% » a-t-il annoncé. Une progression fulgurante, selon lui, qui garde en mémoire les 1, 2% des actifs de la première banque islamique implantée au pays. Concernant les crédits, M. Ali Daoud les a estimés à « 95 milliards FDJ pour l’ensemble des banques ». Il a noté que « Les crédits octroyés par les banques islamiques s’élèvent à 12 milliards FDJ, soit 12, 1% des concours bancaires servis sur la place ». « L’autre indicateur et non des moindres, c’est le nombre de comptes sur le territoire national, toutes banques confondues, qui est de 112 000. Sur cet ensemble, 24 689 comptes qui sont à caractère islamique » a-t-il fait valoir. « Cela correspond à 22% des comptes, ce qui est énorme ».« La finance islamique connaît une progression soutenue et prometteuse. Les produits et services des banques islamiques sont basiques, c’est-à-dire qu’ils se limitent aux dépôts et aux crédits du grand public » a-t-il averti. « Bientôt, les banques islamiques devront participer au développement économique du pays parce qu’elles en ont les moyens. L’ambitieux programme économique de la République de Djibouti initié par le président Ismaïl Omar Guelleh nécessite la mobilisation de ressources financières considérables et la finance islamique sera naturellement appelée à jouer un rôle majeur dans ce programme ». Par ailleurs, a-t-il conclu, « l’industrie financière devra suivre cette dynamique parce qu’il est désormais impossible de retourner en arrière. Le Président nourrit de grandes ambitions pour le pays ».