UBCI

En Tunisie, la méthode de BNP Paribas fait débat Banque
2015-03-11 Jeune Afrique

La direction et certains actionnaires minoritaires de l'UBCI se déchirent autour de la gestion de la filiale du groupe français. Une querelle qui cache un autre problème : son manque de dynamisme. Lors de l'assemblée générale de l'UBCI, le 5 février, les comptes de la banque tunisienne ont finalement été validés. Et celle-ci a pu débloquer le rapatriement de 17 millions de dinars (7,5 millions d'euros) en faveur de BNP Paribas, sa maison mère, après 10,5 millions de dinars au titre de l'exercice 2013 et 6,5 millions pour 2014. La fin de la crise pour la filiale ? Pas vraiment. Ses mésaventures commencent au mois de juillet 2014, lorsque la Banque centrale de Tunisie refuse de valider les comptes de la banque : elle juge que l'établissement tunisien a sous-estimé un risque dans le cadre d'une vérification fiscale et reporte l'assemblée générale au 26 août. Mais le mois suivant, nouveau coup de théâtre, celle-ci est encore annulée. Cette fois, c'est un autre point qui fâche : les frais facturés par BNP Paribas à sa filiale. Certains actionnaires tunisiens minoritaires les jugent excessifs... Dans la pratique, ils n'ont rien d'extraordinaire : les maisons mères facturent couramment l'utilisation du logiciel informatique ou des services d'assistance, par exemple. Le tout est encadré par des conventions validées. Mais dans le cas de l'UBCI, ces charges ont grimpé jusqu'à 5,5 millions de dinars. Les commissaires aux comptes eux-mêmes s'en inquiètent, estimant qu'une "incertitude pèse sur la réalité" de certains de ces frais. Depuis, la guerre est ouverte entre certains actionnaires tunisiens minoritaires et la direction du groupe. À l'issue de son assemblée générale, l'UBCI s'est réjoui, assurant dans un bref communiqué que les conventions avaient été "validées" et que toutes les "résolutions avaient été prises à la majorité ou à l'unanimité". La banque a précisé que "trois administrateurs, dont deux indépendants, ont été nommés", ainsi que Habiba Hadhri au poste de directrice générale adjointe. Mais celle-ci a refusé de répondre plus précisément à nos questions. Tout comme BNP Paribas... "Ce n'est pas surprenant, juge un financier de la place. Ils n'ont aucune culture de la communication. C'est incroyable pour une société cotée."