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Conjoncture

Pékin «envisage» de financer la zone euro
2012-02-02 Le Figaro

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La Chine pourrait participer au Fonds de sauvetage européen (FESF). Mais le premier ministre Wen Jiabao ne s'est engagé sur aucun montant.

En se rendant jeudi 2 févrieren Chine, Angela Merkel voulait rassurer Pékin sur l'Europe. Son entretien avec le premier ministre chinois aura eu les vertus de rassurer les marchés. Lors d'une conférence de presse commune, Wen Jiabao a indiqué que son pays envisageait une contribution plus importante aux fonds de secours de la zone euro. «Il est urgent de régler la crise de la dette en Europe», a affirmé le dirigeant chinois, inquiet du tassement de ses exportations.

Wen Jiabao, toutefois, ne s'est engagé sur aucun montant. Et il a précisé que la Chine étudiait toujours comment participer au Fonds européen de stabilité financière (FESF), ou au mécanisme européen de stabilité (MES) qui lui succédera cet été. En novembre dernier, Li Daokui, un économiste influent membre du comité de politique monétaire de la banque centrale chinoise, avait évoqué le chiffre de 100 milliards de dollars, pour le montant de dette souveraine européenne que Pékin pourrait acheter. Mais à l'époque, les autorités chinoises avaient fait savoir qu'elles attendaient des «clarifications techniques» avant de s'engager. Et des experts laissaient entendre que la Chine voulait des contreparties plus politiques, notamment des avancées sur la reconnaissance du statut d'économie de marché par l'UE.

Wen Jiabao n'a pas dit non plus si son pays participerait aux fonds levés dans le cadre du FMI, même s'il «soutient» la démarche. Réserves de change

L'un des objectifs principaux du voyage chinois de la chancelière allemande était bien de convaincre Pékin qu'investir dans la dette européenne est sûr. Les énormes réserves de change chinoises s'élèvent à près de 3200 milliards de dollars. Et l'on estime que la Chine détiendrait quelque 550 milliards de dollars d'obligations d'État de pays européens. Un peu plus tôt dans la journée, lors d'un discours à l'Académie des sciences sociales (CASS), Angela Merkel a fermement affirmé que «l'euro avait rendu l'Europe plus forte». Aujourd'hui, a-t-elle expliqué, nous n'avons «pas affaire à une crise de l'euro, mais à une crise de la dette et à une crise de différents niveaux de compétitivité».

La semaine dernière, à Davos, le patron de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), Pascal Lamy, a estimé que spéculer sur un éventuel sauvetage financier de l'Europe par la Chine n'était que du «blabla médiatique». Rappelant que Pékin achète de la dette américaine sans poser de conditions, Robert Greifeld, le président du Nasdaq, s'est lui aussi montré très sceptique, reprenant à son compte des arguments souvent avancés en Chine. Ironisant que l'on puisse penser qu'«un pays considéré encore en développement devrait renflouer l'Europe développée».