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L'euro accentue son regain grâce à la Fed
2015-03-18 Le Point

L'euro a accentué sa hausse face au dollar mercredi, bénéficiant nettement des hésitations apparentes de la Réserve fédérale américaine (Fed) à rehausser ses taux. Vers 19H00 GMT (20H00 à Paris), la monnaie unique européenne valait 1,0746 dollar, au plus depuis le 10 mars, contre 1,0590 mardi vers 21H00 GMT. La devise européenne montait face à la monnaie nippone, à 129,66 yens contre 128,51 yens mardi soir. Le dollar baissait face à la devise japonaise, à 120,66 yens contre 121,34 yens la veille. Le Comité de politique monétaire de la Fed a certes renoncé à dire qu'il serait "patient" avant de rehausser ses taux, mais "le marché l'avait très largement anticipé", ce qui avait entraîné la hausse du dollar, a déclaré Nick Bennenbroek de Wells Fargo. "Le marché avait acheté (du dollar) sur la rumeur, et il a vendu sur l'annonce", a-t-il dit, notant que "le message fondamental est dur", c'est à dire pro-hausse des taux, mais "les nuances (exprimées par la Fed) sont accommodantes". Ces dernières semaines, l'euro a fondu face au dollar, atteignant des niveaux de faiblesse jamais vus en douze ans, dans l'anticipation d'une remontée des taux aux États-Unis et alors que la Banque centrale européenne (BCE) a à l'inverse entamé une politique monétaire très accommodante. Une hausse de taux aux États-Unis rendrait le dollar plus rémunérateur et donc plus attrayant pour les investisseurs, tandis que les rachats d'actifs débutés la semaine dernière par la BCE ont pour effet de diluer la valeur de l'euro, entamant son intérêt pour les cambistes. "On n'a plus (le mot) patient mais le ton et la substance du communiqué suggèrent que ceux qui attendaient une hausse des taux en juin vont pencher pour septembre, et ceux qui penchaient pour septembre vont aussi reporter leurs prédictions à plus tard", a analysé Steven Ricchiuto chez Mizuho Securities. "Les fondamentaux (de l'économie américaine) ne sont pas assez robustes pour justifier un resserrement monétaire, avec en plus des pressions déflationnistes liées non seulement aux prix bas du pétrole mais aussi à un dollar fort", a souligné Simon Smith, chez FxPro. Les taux d'intérêt américains au jour le jour sont restés proches de zéro depuis plus de six ans pour soutenir la reprise après la crise financière et la récession. Dans la foulée du communiqué, la présidente de la Fed Janet Yellen s'est montrée très prudente mercredi après midi. "Le simple fait que nous ayons retiré le mot +patient+ du communiqué ne signifie pas que nous allons nous montrer impatients", a-t-elle dit, sans exclure une hausse dans "les prochaines réunions". "Nous ne pouvons pas apporter de la certitude et nous ne devrons pas en apporter parce que l'évolution de l'économie est incertaine", a-t-elle ajouté. Vers 19H00 GMT, la livre britannique baissait face à la monnaie unique européenne, à 72,29 pence pour un euro, mais remontait face au dollar après la Fed, à 1,4865 dollar pour une livre, après une baisse en séance. La Banque d'Angleterre (BoE) s'est inquiétée lors de sa dernière réunion de politique monétaire de l'impact sur la faible inflation de la forte hausse récente de la livre. La devise suisse progressait face à l'euro, à 1,0621 franc suisse pour un euro, et surtout face au billet vert, à 0,9884 franc suisse pour un dollar. La devise chinoise a terminé à 6,2294 yuans pour un dollar, son niveau de clôture le plus élevé depuis fin janvier, contre 6,2497 yuans la veille. L'once d'or a fini à 1.147,25 dollars au fixing du soir, contre 1.150,75 dollars mardi.