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Conjoncture

Berlin veut respecter sa « règle d'or » avec deux ans d'avance
2012-03-19 Les Echos

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Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, espère réduire à 0,26 % du PIB le déficit structurel de l'Etat fédéral dès 2014. La très bonne tenue du marché du travail lui permet de réduire les versements aux caisses sociales.

La crise de la dette dans la zone euro se fait moins aiguë, mais Wolfgang Schäuble ne baisse pas la garde. Au contraire. Le ministre des Finances allemand, il est vrai aidé par une conjoncture bien plus favorable que chez ses voisins, accélère le rythme de la consolidation budgétaire. D'après les points clefs du plan budgétaire 2013-2016, qui sera adopté mercredi par le Conseil des ministres, Berlin veut respecter dès 2014, soit avec deux ans d'avance, son mécanisme de « frein à la dette ».

En 2009, l'Allemagne a inscrit dans sa Constitution une « règle d'or », selon laquelle le déficit structurel de l'Etat fédéral ne peut dépasser, à partir de 2016, le plafond de 0,35 % du PIB. Dès 2014, le déficit structurel ne devrait plus être que de 0,26 % du PIB, contre encore 0,7 % en 2011. En 2016, le déficit structurel devrait être marginal : 0,01 % du PIB. Autant dire que l'Etat fédéral devrait, alors, retrouver l'équilibre. Ce qui n'a plus été le cas depuis 1969. Versements anticipés

Le plan de consolidation n'est pas linéaire, car, cette année, les nouvelles dettes vont être plus élevées que prévu : 34,8 milliards d'euros, contre 26,1 milliards d'euros inscrits dans le plan précédent. En cause : le versement anticipé de deux tranches de la contribution allemande au capital du Mécanisme européen de stabilité (MES). Ce fonds monétaire permanent, qui va succéder au Fonds européen de stabilité financière (FESF), limité à trois ans, ne devait à l'origine voir le jour qu'en 2013. Berlin a accepté d'en avancer l'entrée en vigueur et d'accélérer ses dotations, dans le but de rassurer les marchés.

Mais, à partir de 2013, le déficit fédéral doit constamment reculer : 19,6 milliards d'euros en 2013, 14,6 milliards en 2014, 10,3 milliards en 2015 et 1,1 milliard en 2016. Ces prévisions se fondent sur une croissance économique de 0,7 % du PIB en 2012 et de 1,6 % les années suivantes (on estime le potentiel de croissance de l'économie allemande autour de 1,5 %). Ces prévisions sont donc vulnérables à une nouvelle détérioration de la situation économique en Europe.

Pour parvenir à l'équilibre, Wolfgang Schäuble a certes veillé à ce que les dépenses augmentent moins vite que la richesse du pays. Il a aussi « déshabillé » les caisses sociales. Le versement fédéral aux caisses de retraite est ainsi diminué de 1 milliard d'euros par an. Le versement à l'Agence pour l'emploi est lui amputé de 2 milliards d'euros l'an prochain, puis de 1 milliard par an ensuite. Berlin profite d'un marché de l'emploi très favorable, avec un taux de chômage inférieur à 7 %.

Le budget 2013 ne prévoit toujours pas de recettes tirées de la taxe sur les transactions financières, qui peine à se mettre en place. Mais elle est inscrite au budget 2014, à hauteur de 2 milliards d'euros.