Conjoncture

L'inflation reviendra... si l'économie va bien
2012-03-29 L'Agefi

Remontée du prix du pétrole oblige, nombreux s'inquiètent d'un risque inflationniste qu'ils pensent être immédiat.

Ces craintes sont précipitées d'un point de vue conjoncturel : l'économie mondiale ne connaît qu'une reprise graduelle et les coûts salariaux unitaires augmentent de moins de 2% par an dans les principales économies de la planète, où les taux de chômage restent bien trop élevés. Reste donc l'éventualité d'un risque inflationniste induit par la politique monétaire, puisque les dernières mesures prises par la BCE (LTRO) et la BOE (nouveaux achats de Gilts) feront enfler la base monétaire mondiale de quelque 8% cette année, et que certains émergents (Brésil) recommencent à accumuler des réserves de change. Depuis le lancement des programmes d'assouplissement quantitatif, la liquidité n'a pas été inflationniste, dans la mesure où la fragilité des banques et la faible solvabilité des emprunteurs ne permettaient pas de la transformer en crédit à l'économie. Cette situation ne va pas changer rapidement, mais deux cas de figure se dessinent aujourd'hui: 1/ soit la reprise de l'économie est forte, le chômage reflue rapidement et la solvabilité des ménages se redresse. Alors les banques redistribueront du crédit et le risque inflationniste se révélera. 2/ soit la reprise de l'économie est laborieuse, ponctuée de bulles (lorsque la liquidité est utilisée par les marchés financiers) qui interrompront la reprise, et longue car tirée par des transformations de l'appareil productif (Etats-Unis) et du cadre institutionnel (Europe). Les taux de chômage resteront alors encore longtemps élevés. La solvabilité des ménages ne se redressera pas rapidement et la liquidité pourrait être reprise par les banques centrales avant que l'inflation ne réapparaisse. On est aujourd'hui encore dans le deuxième cas de figure. Au regard de l'évolution des provisions sur prêts non performants et des taux de chômage, environ deux ans de consolidation des bilans semblent encore être nécessaires avant d'envisager un changement de paradigme.