Union européenne

Pékin monnaie son soutien à l'euro
2012-05-03 Les Echos

Le probable futur Premier ministre chinois Li Keqiang rencontre aujourd'hui Herman Van Rompuy et José Manuel Barroso à Bruxelles. L'occasion de réaffirmer son soutien à la zone euro, tout en essayant d'obtenir des concessions de Bruxelles sur les sujets qui fâchent.

La nouvelle porte d'entrée de la Chine en Europe est désormais à l'est. Après les promesses de Wen Jiabao, jeudi dernier, à seize pays européens de l'ancien bloc soviétique, son successeur probable Li Keqiang termine une tournée qui l'a conduit en Hongrie et en Russie. Et l'amènera à rencontrer aujourd'hui à Bruxelles le président de l'Union européenne, Herman Van Rompuy, et celui de la Commission, José Manuel Barroso.

Le Premier ministre chinois a promis, jeudi, d'ouvrir une ligne de crédit de 10,5 milliards de dollars pour « approfondir la coopération » avec l'Europe de l'Est. Son successeur désigné, Li Keqiang, vient de signer sept accords de coopération à Budapest -de l'ouverture d'une ligne de crédit de 1 milliard d'euros de la Banque de développement chinoise à la construction d'une ligne de train à grande vitesse, en passant par l'investissement de 10 millions d'euros de la société chinoise de télécoms Huawei. « Partenariat stratégique »

A Moscou, selon le ministère russe de l'Economie, 27 contrats et accords ont été signés entre compagnies russes et chinoises. Les deux parties ont surtout annoncé la création d'un fonds d'investissement russo-chinois qui pourra être doté de 4 milliards de dollars d'ici fin juin. La plupart des ressources du fonds (70 %) seront investies en Russie et à l'est de l'Europe.

La Chine, qui se rapproche fortement de l'Est ne se désintéresse pas du reste de l'Europe. Et pas de la zone euro, où elle a d'autres intérêts -Pékin détiendrait plus de 500 milliards de dollars de dette souveraine d'Etats européens. Li Keqiang adressait d'ailleurs hier, via une tribune au « Financial Times », un énième soutien verbal de Pékin à l'Europe. « La Chine continuera d'étudier les moyens possibles et efficaces pour coopérer avec les parties concernées afin d'apporter une contribution conjointe pour régler le problème de la dette souveraine de l'Europe », écrit Li Keqiang. La chaîne de télévision chinoise CCTV a indiqué qu'il s'entretiendrait avec les dirigeants de l'Union européenne de « la promotion du partenariat stratégique global entre la Chine et l'UE à un palier plus élevé ». D'autres problèmes à résoudre

Un soutien que Pékin entend bien monnayer. Le 23 février, le ministère du Commerce chinois liait d'ailleurs clairement son aide sur la dette aux enquêtes antidumping et antisubvention sur les importations d'acier lancées par l'Union européenne les 21 décembre et 22 février. Bien d'autres problèmes restent à résoudre, comme l'ouverture aux étrangers des marchés publics en Chine, le contentieux sur les terres rares ou la taxe européenne sur la pollution aérienne.

Dans ces conditions, la rencontre de demain pourrait s'en tenir à la seule signature des trois déclarations annoncées -deux sur l'énergie, une sur l'urbanisation durable -, suite a minima du sommet UE-Chine du 14 février. L'aide à la zone euro risque d'être une fois de plus reléguée à plus tard... MARIE-CHRISTINE CORBIER