Climat des affaires

Le temps des défis
2012-04-12 La Nation n°75

Aff

Les élites nationales nourrissent un double rêve : celui de voir le pays remplir pleinement sa vocation de « hub » régional dans les échanges du commerce international et faire de Djibouti une place financière de référence pour le reste de la région et du monde.

Pour ce faire, le havre de paix de la Corne de l’Afrique dispose de véritables atouts.

Tel son emplacement géostratégique qui va de pair avec un régime commercial libéral et la convertibilité d’une monnaie stable au service d’une volonté politique manifeste en faveur de l’essor d’un secteur privé fort et rentable.

En témoignent les réformes macroéconomiques, fiscales, financières budgétaires et de bonne gouvernance que les autorités nationales ont menées de front ces dernières années. Elles ont eu pour effet de drainer des investissements directs étrangers vers les activités portuaires, le bâtiment et les services.

Autant de secteurs qui ont été de 2005 à 2011 les moteurs d’une croissance soutenue avec un taux annuel variable de 4 à 5% en moyenne. Des chiffres aussi réconfortants qui cachent mal pourtant les lourdeurs de l’environnement des affaires dans notre pays.

Le constat fait l’objet d’un consensus entier parmi les acteurs et observateurs avisés de l’économie nationale.

Nombreuses sont les voix des uns et des autres qui pointent du doigt les insuffisances et incohérences de notre arsenal juridique et institutionnel des affaires.

Les mêmes consciences avancent la nécessaire mise en place d’un partenariat public-privé pour mieux lever les obstacles et contraintes encore de mise dans le climat djiboutien des affaires. Il est temps de relever tous les défis.


Un vaste chantier de réformes

La République de Djibouti est créditée d’un bon score pour les activités de commerce avec l’étranger (38ème). Le pays est moins bien loti la conduite des affaires au regard de la faible protection des investisseurs (179ème).

Un pareil handicap se double des lourdeurs procédurières qui démotivent les promoteurs des projets d’entreprise (175 ème) et la difficulté d’obtention de crédits (176ème).

Les affaires sont avant tout une affaire de confiance entre les parties contractuelles, les investisseurs et les différentes places financières de la région et du reste du monde.

Fort de cette évidence, le gouvernement djiboutien envisage sérieusement une amélioration du climat national d’affaires avec le soutien du Secrétariat général du COMESA et de la Commission de l’Union Européenne à travers la Facilité de BizClim.

La tenue de l’atelier de trois jours sur le sujet, qui s’est achevé hier au palace Kempinski, vient matérialiser cette volonté politique manifeste au sommet de l’Etat djiboutien.

Les participants de ces assises, issus de divers horizons, ont abordé l’environnement des affaires du pays sous tous ses aspects.

Les échanges interactifs des intervenants ont été riches d’enseignements sur la situation réelle du pays en la matière. Acteurs institutionnels et opérateurs privés ont également procédé au classement des différents indicateurs.

L’exercice a permis de définir les axes d’intervention prioritaires pour faire de Djibouti une destination attractive aux yeux de potentiels investisseurs de par le monde.

Et ce sur la base de plusieurs indicateurs de l’équivalent africain du rapport Doing Business de la Banque Mondiale, en l’occurrence l’Africa Economic Outlook en ligne, qui nous éclaire sur les forces et faiblesses du climat d’affaires djiboutien.

En effet, la République de Djibouti est créditée d’un bon score pour les activités de commerce avec l’étranger (38ème). Le pays est moins bien loti la conduite des affaires au regard de la faible protection des investisseurs (179ème).

Un pareil handicap se double des lourdeurs procédurières qui démotivent les promoteurs des projets d’entreprises (175 ème) et la difficulté d’obtention de crédits (176ème).

Sans compter que les hommes d’affaires sont souvent confrontés aux coûts élevés des facteurs de production tels que l’énergie et les télécommunications.

A la lumière de ces informations, les autorités nationales entendent mettre en œuvre des réformes macroéconomiques et budgétaires afin d’assurer la bonne gouvernance des deniers publics, de développer un système financier plus efficace, d’améliorer l’équilibre de la balance commerciale.

Le chantier est vaste et comprend des réformes structurelles qui devraient encourager la diversification de l’économie dans des secteurs autres que les ports, les transports et les recettes provenant des bases militaires étrangères, l’amélioration de la compétitivité des entreprises face à la concurrence, l’accroissement des investissements étrangers, le soutien accru aux investisseurs locaux.