FMI/Grece

Christine Lagarde remet le couvert sur les impôts grecs
2012-06-12 La Tribune

La directrice du Fonds monétaire international affirme dans un entretien diffusé sur CNN ce mardi que les contribuables grecs doivent payer leurs impôts pour contribuer à "redresser la situation" de leur pays. Elle ajoute que l'euro a "moins de trois mois" pour être sauvé.

Christine Lagarde remet de l'huile sur le feu. Dans une interview enregistrée par CNN, la directrice du FMI a réitéré ses propos sur les impôts en Grèce. "Je pense que le fait que les contribuables paient leurs impôts est un outil nécessaire pour redresser la situation de n'importe quel pays. La Grèce, comme les autres", affirme-t-elle tout en regrettant que ses précédentes déclarations aient été comprises comme étant "incendiaires" et "offensants".

Fin mai, l'ancienne ministre française de l'Economie avait suscité la colère en Grèce notamment pour avoir exhorté les Grecs à "s'entraider collectivement" en "payant tous leurs impôts". "Je pense davantage à ces enfants d'une école d'un petit village du Niger qui n'ont que deux heures de cours par jour, qui partagent une chaise pour trois et qui cherchent passionnément à avoir accès à l'éducation, avait-elle alors lancé, ajoutant: "Je pense à eux en permanence, parce que je pense qu'ils ont davantage besoin d'aide que la population d'Athènes."

Le 1er contrôleur fiscal grec, d'accord avec Christine Lagarde

Les propos de la directrice du Fonds monétaire international avaient cependant trouvé un écho auprès du premier contrôleur fiscal grec, Nikos Lekkas. Ce dernier indiquait en effet la semaine dernière que "l'évasion fiscale en Grèce atteint 12% à 15% du Produit intérieur brut (PIB)".

Ces nouvelles déclarations de Christine Lagarde interviennent à moins d'une semaine des élections législatives en Grèce. Le 17 juin, les citoyens du pays auront le choix entre des partis favorables au plan d'austérité imposé par les bailleurs de fonds d'Athènes, auxquels appartient le FMI, et d'autres qui ont déjà signifié leur refus de ce programme. Or, le versement des aides accordés par le Fonds est suspendu à ce choix qui pourrait mettre en péril le maintien de la Grèce dans la zone euro.

Moins de trois mois pour sauver l'euro

En guise de réponse aux assertions du milliardaire Georges Soros, qui donnait à l'euro trois mois pour être sauvé, Christine Lagarde a en outre signifié, que selon elle, le délai était encore plus court. "La construction de la zone euro a pris du temps", a-t-elle constaté. La directrice du FMI estime que "ce travail est encore en cours".