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Crise de la dette

Obama : "Les dirigeants européens savent qu'il est urgent d'agir"
2012-06-08 Le Point

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Le président américain a plaidé pour l'adoption de "mesures spécifiques", telle "la stabilisation du système financier". Le président Barack Obama, inquiet des conséquences de la crise européenne sur l'économie américaine, a pressé vendredi ses partenaires d'agir rapidement en consolidant leur système bancaire et en coordonnant davantage leur politique budgétaire. "Les dirigeants (européens) se rendent compte de la gravité de la situation et savent qu'il est urgent d'agir", a déclaré Barack Obama lors d'une intervention devant la presse à la Maison-Blanche, une semaine après la publication de mauvais chiffres du chômage pour le mois de mai.

Ces statistiques ont montré une nette baisse de rythme des créations d'emploi et fait craindre un essoufflement du rythme de la reprise comparable à celui qui s'était produit en 2011. Si elle se confirmait, cette tendance serait de mauvais augure pour les chances de réélection de Barack Obama le 6 novembre. La situation en Europe "peut avoir des conséquences pour nous, parce que l'Europe est notre plus important partenaire commercial", a noté le président. Barack Obama, qui a parlé ces derniers jours par téléphone avec plusieurs dirigeants du Vieux Continent, a estimé qu'il y avait "des mesures spécifiques que nous pouvons prendre tout de suite pour éviter que la situation ne se détériore", notamment "la stabilisation du système financier". "Dans l'intérêt de tous que la Grèce reste dans la zone euro" (Obama)

"Il faut agir au plus vite pour injecter des capitaux dans les banques en difficulté", a plaidé le président des États-Unis, au moment où se pose avec acuité la question d'un sauvetage européen des banques espagnoles. "Les décisions qui doivent être prises sont difficiles, mais l'Europe a la capacité de les prendre", a assuré Barack Obama, qui a toutefois refusé de s'engager, comme depuis le début de la crise en Europe, sur des mesures d'aides concrètes de son pays vis-à-vis de ses partenaires. Il a toutefois suggéré aux responsables européens de "mettre en place un cadre et une vision à long terme en faveur d'une zone euro plus solide, en collaborant davantage en matière de politique budgétaire et bancaire".

À propos de la Grèce, qui doit retourner aux urnes pour élire ses députés le 17 juin après que les législatives de début mai n'eurent pas débouché sur une majorité gouvernementale stable, il a estimé que les difficultés de ce pays seraient "sans doute pires" s'il devait abandonner l'euro. "C'est dans l'intérêt de tout le monde que la Grèce reste dans la zone euro tout en respectant ses engagements réformateurs", a-t-il assuré, tout en disant "reconnaître les sacrifices que les Grecs ont consentis". Réexamen du plan pour l'emploi

Afin de compenser l'impact sur l'économie des États-Unis des difficultés économiques de l'Europe, Barack Obama a aussi appelé le Congrès à "réexaminer" le plan pour l'emploi qu'il avait présenté en septembre et qui est largement resté lettre morte. "Au vu des vents contraires auxquels nous sommes confrontés en ce moment, j'appelle (le Congrès) à un réexamen, car il s'agit de mesures que nous pouvons prendre tout de suite afin de remettre davantage de gens au travail", a déclaré Barack Obama.

La plupart des mesures de ce plan de près de 450 milliards de dollars ont été bloquées à la Chambre des représentants, où les adversaires républicains du président détiennent la majorité. Ils se sont en particulier opposés à leur financement par un accroissement de la pression fiscale sur les plus aisés. Les États-Unis n'ont regagné pour l'instant que la moitié des plus de huit millions d'emplois perdus lors de la récession de 2007-2009, et les républicains, que ce soit ceux du Congrès ou leur candidat à la présidentielle Mitt Romney, ont accusé Barack Obama d'inefficacité dans ce dossier.